[EXTRÊME CINEMA] 20 ans, putain!

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Quoi de plus chaos que l’Extrême Cinéma qui célèbre le cinéma autre avec la même ferveur depuis maintenant… 20 ans? Alors que l’édition se déroulera du 8 au 16 février 2019, Frédéric Thibault, indispensable programmateur de la Cinémathèque de Toulouse et ami du Chaos pour la vie, souffle les bougies.

Quel est le film le plus extrême que vous avez diffusé?
Frédéric Thibault:
Sans aucune hésitation, les films du docteur Eugène Doyen. Un chirurgien mondain, très imbu de sa personnalité, qui filmait ses opérations à des fins pédagogiques. Une partie de ses films lui furent volés par l’un de ses assistants qui les revendis à des forains. On a mis des années, 6 ou 7, à monter ce ciné-concert. Au final j’ai dû quitter la salle parce que je ne pouvais plus supporter tous ces corps ouverts. J’avais vu les films chez moi, tranquillement, sur mon ordinateur, pour les sélectionner et les proposer au groupe électro, Les Electrons Libres, qui allait jouer dessus. Sur un écran de cinq mètres de base les choses sont différentes. Magie du cinéma! Sinon nous avons eu une bagarre musclée entre spectateurs pendant la projection de Crime à froid (Bo Arne Vibenius, 1974). Je me souviens d’un évanouissement pendant le porno The Devil In Miss Jones (Gérard Damiano, 1973). La personne ne supportait pas la vue du sang et la salle entière a pensé à un gag et s’est mise à hurler pendant qu’on évacuait le gars. C’était très étrange. Il y a eu aussi la diffusion des films des Actionnistes Viennois, l’ambiance était électrique. Des spectateurs m’ont pris à partie en fin de séance. J’ai pris une volée de noms d’oiseaux en pleine poire. Même chose avec la projection de Vase de noces de Thierry Zeno. Il y a eu aussi une séance incroyable de L’Au-delà (1981) de Lucio Fulci. Frank Henenlotter, le réalisateur de Basket Case, s’est joint à Catriona MacColl pour présenter la séance. Ce n’était absolument pas du tout prévu.

A quand remonte ta découverte d’un cinéma extrême?
Frédéric Thibault:
Aussi loin que je m’en souvienne et là encore aucune hésitation Blanche Neige et les sept nains version Disney. La sorcière, c’est ça l’extrême cinéma! J’ai eu une éducation très rigoriste vis à vis des images mais j’avais accès au western du mardi soir à la télévision, à la Quatrième Dimension et mon père me réveillait de temps en temps pour regarder quelques films au Cinéma de Minuit le dimanche. Le cinéma Novo brésilien et Les Sept Samourais, c’est assez ennuyeux quand on a sept ou huit ans. Au final je ne regrette pas mais je garde une dent contre Glauber Rocha. Le plus intéressant était que nous allions en famille au cinéma voir des films… familiaux mais je pouvais voir les affiches des autres films programmés dans la salle. Les trucs interdits au moins de 13 ans et de 18 ans avec des monstres, des explosions et des filles à moitié nues. A l’adolescence, les choses sont devenues incontrôlables. Non seulement il y avait les salles de cinoche mais aussi les video clubs et forcément voir un film interdit, c’était le Graal. Ou plutôt les Graals.

Les cinq films qu’il faut avoir vu avant de supporter de l’extrême cinéma.
Frédéric Thibault:
T’aime de Patrick Sébastien, Sur le globe d’argent d’Andrzej Zulawski, Blood Feast d’Herschell Gordon Lewis, Les machines du diable de Jack Starret et The Act Of Seeing With One’s Own Eyes de Stan Brakahge.

A l’extrême cinéma, tu ne désespères pas d’inviter…
Frédéric Thibault:
Gilbert Montagné pour présenter Seule dans la nuit (1967).

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