C’est Noel en avance. En attendant la saison 2, la démentielle série Euphoria nous gratifie d’un épisode spécial en deux parties. Visible sur OCS depuis début décembre, sa première partie, intitulée Trouble Don’t Last Always, fend le coeur.

«Taking it all for us, Taking it all…» Un an et demi qu’on a pas entendu les choeurs qui hantaient la première saison électrique d’Euphoria, sublime teen-drama de toutes les couleurs du noir qui décapait l’univers sur son passage. Alors que le tournage de la saison 2 ne cesse de se déplacer (thank you, connard de virus), deux épisodes ont été réalisés en petit comité – covid friendly comme on dirait – pour patienter. Le premier vient de débouler sur OCS, vendu comme un épisode de Noël (pyjam mood, tout ça), alors que le second est annoncé pour le 24 Janvier (c’est loiiiiiiiin). Un consacré à Rue; l’autre, à Jules. Entre l’épisode de transition (dont l’utilité ou l’écho se confirmera selon le futur de la série) et le big bonus, il n’aura rien du christmas special réconfortant qu’on était en droit d’attendre: ici, c’est Euphoria, et rien d’autre.

50 minutes et des poussières filmées dans un superbe 35 mm (regardez bien l’image qui scintille) dans un café vide façon Nighthawks de Edward Hopper, en pleine veille de Noël: Rue (Zendaya), qui a définitivement replongé comme l’attestait l’époustouflant et douloureux season final, se trouve face à son tuteur Ali (Colman Domingo), qui compte bien entendu lui remettre des idées en place. L’occasion de creuser le personnage de cet ancien junkie, ange gardien qui voudrait tant éviter l’inévitable. Ce n’est pas grand-chose, mais juste ce qu’il faut. Ce qui ne serait qu’un bête champ/contrechamp ne délaisse pas entièrement la virtuosité visuelle de la série – voir l’introduction en trompe-l’oeil, cet instant suspendu où les personnages se séparent le temps d’une séquence déchirante. De la difficulté de se dépêtrer de nos vies, de notre mal-être, de l’horreur du monde: 50 minutes formant une bulle de mélancolie qui résume ce qui nous transperce dans ce show tête brûlée. Et il y a ce dernier plan (le plus beau de l’année?), contemplant une Rue lessivée, vieille à 17 ans, au fond du fond, nous laissant encore le suspens de retrouvailles qu’on devine amer. À ce stade, on est juste bon pour appeler SOS Détresse. J.M.

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