Samedi 24 novembre 2018. Nous avons appris le décès à l’âge de 90 ans de Nicolas Roeg, réalisateur dont nous avons tant aimé le cinéma et qui reste l’une des références majeures de ce que l’on appelle le cinéma Chaos (Ne vous retournez pas, Bad Timing, entre autres). Cette annonce, traitée dans un silence assourdissant par bon nombre de nos confrères, a surgi précisément au moment où nous finissions de boucler notre traditionnelle Palme du Chaos, remportée les années précédentes par Lars Von Trier (Nymphomaniac I & II en 2014), George Miller (Mad Max: Fury Road en 2015), Paul Verhoeven (Elle en 2016) et David Lynch (Twin Peaks: The Return en 2017). En 2018, nous avons récompensé Hérédité, ce remarquable premier film d’un jeune cinéaste virtuose Ari Aster en qui nous plaçons de grands espoirs et qui, dans ce coup d’essai, rend hommage au cinéma de ce cher disparu de Nicolas Roeg, pas tant pour faire des clins d’œil référentielles aux cinéphiles de cinémathèque (qui, à part nous et PlasticMan, tremble encore devant Ne vous retournez pas? Ah, en fait, nous sommes nombreux…) mais bien par envie de raviver la flamme d’un cinéma dérangeant, offensif, de plus en plus sacrifié sur l’autel du politiquement correct.

C’est aussi ce geste que la Palme récompense cette année par ailleurs faste en cinéma chaos. De Abdellatif Kechiche (Mektoub My Love: Canto Uno) à Paul Schrader (First Reformed) en passant par Paul Thomas Anderson (Phantom Thread), on n’a manqué de rien, on aura eu droit à toutes les couleurs du prisme Chaos. Et ce sous le haut patronage de l’indispensable Bertrand Mandico dont Les garçons sauvages était déjà très cité dans notre top chaos 2017.

La révélation (précoce) de cette Palme ouvre le bal du sempiternel bilan, permettant de mettre en lumière celles et ceux qui nous ont marqués en 2018, et au passage de parler de ceux qui, selon nous, sont passés sous le radar. La rédaction a envie de leur dire merci tant ils ont été notre bouée de sauvetage au moment où le Chaos a connu les enfers et ce à plusieurs reprises (le bug de OVH qui a fait planté le site, l’arrêt du premier Chaos après les soucis connus par nos amis d’AvoirAlire et Culturopoing…). On a tout brûlé, on a tout recommencé fin août et vous nous avez suivi. Sans doute avec incompréhension (une incompréhension légitime, bien sûr) mais vous l’avez fait et l’on vous remercie de la confiance que vous nous accordez.

Vœu le plus cher pour 2019: passer une année certes mouvementée (c’est le chaos, après tout) mais, par pitié, une année mouvementée devant des films chaos, pas avec des opérateurs de site internet ou des photographes menaçants pas très web friendly. Ainsi l’on enjoint tous les Ari Aster cachés de 2019 à nous éblouir tout en éteignant le soleil. Comme disait Kubrick: Étonnez-nous!

CHAOS

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