[EATING RAOUL] Paul Bartel, 1982

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Paul Bartel et Mary Woronov vous convient à une réjouissance farce trasho-chaos comme on les aime.

PAR PAIMON FOX

Un couple est surpris un soir par l’intrusion d’un pervers dans leur appartement. Cherchant Ă  se dĂ©fendre avant de comprendre, le mari le tue avec une poĂŞle Ă  frire. En fouillant dans les poches du dĂ©funt, il trouve un portefeuille bien rempli et en fait part Ă  sa femme. Et si tuer devenait la solution Ă  leurs problèmes ? Ensemble, ils dĂ©cident de prendre exemple sur leurs voisins en organisant des orgies Ă  domicile mais dans une optique diffĂ©rente : tuer les convives, prendre leur argent et ouvrir leur restaurant. L’opĂ©ration fonctionne mais ils sont confrontĂ©s Ă  une anicroche : comment se dĂ©barrasser des corps qui commencent Ă  encombrer? C’est alors qu’apparaĂ®t Raoul, ayant dĂ©celĂ© le secret du couple.

Cette histoire d’ascension sociale par le vice aurait pu plaire Ă  Paul Verhoeven dans sa première pĂ©riode nĂ©erlandaise. Mais Paul Bartel, Ă©galement connu pour La course Ă  la mort de l’an 2000 (Sylvester Stallone et David Carradine marquent des points en Ă©crasant le maximum de piĂ©tons) ressemble plus Ă  John Waters. En mĂŞme temps qu’il s’attache aux atermoiements d’un couple qui attire tous les partouzards de Los Angeles, le cinĂ©aste stigmatise le puritanisme avec un penchant assumĂ© pour le mauvais goĂ»t (la reconstitution d’un interrogatoire SS, le nain zoophile).

Sous l’influence de son premier long-mĂ©trage Private Parts dans lequel une fille dĂ©couvrait les Ă©mois de l’adolescence dans une bourgade peuplĂ©e de freaks, Bartel continue d’explorer de manière satirique voire fantasmagorique la sexualitĂ© amĂ©ricaine, dĂ©viante sans jamais oser se l’avouer (pièces Ă  fantasme, personnage qui franchit des stades sexuels, surimpression pour traduire l’excitation, jeux charnels et mises en abyme). En plus d’ĂŞtre le rĂ©alisateur, Bartel incarne le rĂ´le principal et forme un couple avec son Ă©gĂ©rie de toujours : Mary Woronov, dĂ©couverte dans La course Ă  la mort de l’an 2000, revue par la suite chez le cinĂ©aste dans Cannonball et quelques productions Roger Corman comme Rock’n roll High School et Chopping Mall… dans lequel d’ailleurs Bartel et Woronov reprennent leurs personnages de Eating Raoul. Dans la mĂŞme lignĂ©e, il faut Ă©galement dĂ©couvrir Lust in the dust, western parodique avec Divine, l’icĂ´ne de John Waters. Comme Eating Raoul, le film reste difficilement trouvable.

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