Le film de Richard Kelly ressort cette semaine dans une Ă©dition qui devrait remuer l’espace-temps (le 14Ăšme coffret “ultra collector” confectionnĂ© par Carlotta). Pas vraiment besoin de rĂ©-Ă©valuer ce premier long Ă©trange et labyrinthique, vite acquis Ă  une postĂ©ritĂ© culte, apparu dans une Ă©poque post-11 septembre oĂč le forum de discussion n’avait pas encore dĂ©posĂ© les armes face aux rĂ©seaux sociaux. Un classique, qui ne s’est visiblement pas laissĂ© affadir par le poids des annĂ©es.

2 DVD, 2 Blu-Ray, du director’s cut, une version cinĂ©ma, des supplĂ©ments en pagaille, un triple commentaire audio, un bouquin de 200 pages comprenant le scĂ©nario original, du lapin, du Tears for Fears, du Gyllenhaal garçon et fille, du Patrick Swayze en gourou pĂ©docriminel
 À film somme, Ă©dition faste, sortie par Carlotta peu avant les emplettes de NoĂ«l (voilĂ  peut-ĂȘtre un signe). Mais gardez votre indigestion pour la dinde du 25: si Ă  la rĂ©daction on n’a pas encore eu le temps de dĂ©piauter toutes les merveilles contenues dans ce coffret glouton, on peut dĂ©jĂ  vous dire qu’il s’agit d’un Ă©vĂ©nement. A fortiori pour l’auteur de ces lignes, qui n’avait pas encore vu le film, et qui ne saura donc pas en parler aussi bien que tous les hermĂ©neutistes l’ayant visionnĂ©, zapette promĂ©thĂ©enne entre les mains, une bonne quinzaine de fois
 Dans un souci de sĂ©rieux, on prĂ©fĂ©rera vous renvoyer vers notre interview de Richard ou notre Donnie Darko Story, tentant de remettre un peu d’ordre dans ce puzzle multi-rĂ©fĂ©rencĂ©.

Les annĂ©es 2000 ont donc dĂ©jĂ  leur film culte, leur graal cinĂ©philique rĂ©unissant dans un mĂȘme geste Lynch, Spielberg, American Beauty et Magnolia, le tout relevĂ© par une sauce qui sent trĂšs fort le Nouvel Hollywood. C’est peut-ĂȘtre lĂ  oĂč le film est le plus fort: rĂ©ussir Ă  marier les influences sans jouer la carte de l’empilement geek, trop souvent de pure connivence avec le spectateur. Le film a aussi les deux oreilles tendues vers Stephen King, longuement mentionnĂ© dans le modĂšle d’entretien livrĂ© en introduction du bouquin. 35 pages passionnantes, au plus prĂšs de la fabrication du film, qui nous font comprendre que 2003 est dĂ©jĂ  trĂšs loin (on peut y lire que “beaucoup de gens dĂ©nigrent King“, alors que l’homme aux petits yeux creepy est aujourd’hui le parangon de la pop-culture mondiale, consacrĂ© mĂȘme jusque dans les rangs de l’UniversitĂ©).

On se quitte avec une trĂšs belle formule de Richard relatant l’accueil tout en contraste du film Ă  Sundance, et on vous recommande chaudement de faire des heures supp’ pour pouvoir vous procurer le coffret: “Pour une raison quelconque, les gens pensaient que Donnie Darko n’avait rien Ă  faire Ă  Sundance. C’Ă©tait le premier film en compĂ©tition Ă  comporter des effets numĂ©riques significatifs. Je crois que cela dĂ©rangeait une certaine façon de voir Ă  l’ancienne. Ils prĂ©fĂšrent regarder des films sur des lesbiennes qui cuisinent des caramels“.

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