Depuis ce mercredi, il suffit de pousser la porte de la Galerie Cinéma, qui a déjà accueilli des travaux d’Agnes Godard, Hervé Guibert ou de Bruno Nuytten entre autres, pour y découvrir un peu de chaos. Sous le nom évocateur de La société du spectral, se cache une grotte de plaisirs étranges concoctés par des filous bien connus du chaos: Bertrand Mandico, Yann Gonzalez (ici en tandem avec Alain José Garcia Vergara), Marie Losier (les doc foufou The Ballad of Genesis and Lady Jay et Cassandro el exotico, c’est elle) et Caroline Deruas (le troublant L’indomptée) ont conjugué leur talent pour un petit best-of de leurs univers. Homme caméra, masque blasphématoire de papier mâché, collage fou furieux et pop pour Losier et Deruas, comme autant de farces enfantines réécrites avec la perversion primesautière des adultes. Et de l’autre côté du pont, un Mandichaos qui dessine, croque, s’éparpille en décadence, jusqu’aux clichés d’une étrange femme guenon annonciatrice d’un projet fort alléchant.

Pour le duo Gonzalez/Vergara, on retrouve leur fameux teaser pour le Sicilia Queer Fest, déjà évoqué entre les pages du chaos, mais cette fois en version longue. Presque trois minutes de rêverie vaporeuse du nom de She Mirror, qui invoque les spectres du porno chic en nous faisant retrouver les silhouettes de Zara Whites ou de Ashlyn Gere. Le trigger warning ironique du flyer (Attention, certaines images peuvent exciter les enfants!) renvoie bien sûr aux premiers émois secrets face aux images cryptées de ces longues nuits devant un Canal+ revêtant sa croix fuchsia de l’interdit. Mais derrière, l’obsession à la Gonzalez de révéler le queer là où il n’est pas, derrière l’hyper féminité, des ongles longs au gode ceinture pressé avec amour. Assis dans le noir, moelleusement installé, face à l’écran, on oublie tout pendant un instant.

La société du spectral, du 09/10 au 09/11/2019
Galerie Cinéma Anne-Marie Toussaint
75003 Paris

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici