Sur une Ă®le isolĂ©e, un mĂ©decin fou expĂ©rimente de la chirurgie expĂ©rimentale sur des cobayes humains et ses patients de se mĂ©tamorphoser en zombies meurtriers. Un film d’horreur estampillĂ© RenĂ© Château devenu culte au fil du temps.

Alors que le voisin de palier australien sorti le bulldozer de l’ozploitation durant de nombreuses annĂ©es, le cinĂ©ma nĂ©o-zĂ©landais de genre ne semblait manifestement pas avoir eu grand-chose Ă  dire dans les annĂ©es 80, sorti du sillage de Peter Jackson. Et bien disons que c’est plutĂ´t vrai… et un peu faux aussi. Pour tout dire, les rares reprĂ©sentants du genre Ă  l’Ă©poque n’ont fait grimper personne au plafond: citons des titres très singuliers (et devenus aujourd’hui quasi introuvables) comme La malĂ©diction de l’Ă®le ou L’Ă©pouvantail de mort, ou la sortie fantastico-mĂ©diĂ©vale de Vincent Ward avec The Navigator, une sorte de Visiteurs avant l’heure (but very seriousse) qui le catapultera aux États-Unis pour faire des niaiseries comme CĹ“ur de mĂ©tisse ou Au delĂ  de nos rĂŞves. Un cas très intĂ©ressant reste celui de Death Warmed Up, qui raflera la Licorne d’or au festival du grand Rex, ce qui ne lui permettra pas de sortir en salles, mais lui fera gagner une place dans la collection RenĂ© Château mais sans l’aval du mythique «Ces films que vous ne verrez jamais Ă  la tĂ©lĂ©vision» (en rĂ©sumĂ©: tout le monde s’en foutait).

Le bidule, totalement imparfait et foutraque au possible, fait pourtant partie d’une gĂ©nĂ©ration horrifique splashsplish totalement malpolie d’oĂą dĂ©coulera Re-Animator (auquel le film fait beaucoup penser par moment), Street Trash et bien Ă©videmment Bad Taste. Point sensible: ce petit film nĂ©o-zĂ©landais est en fait antĂ©rieur Ă  tous ces titres! Tout aussi inspirĂ© par Evil Dead que ses concurrents, Death Warmed Up eut juste la mauvaise idĂ©e de se trouver pile au milieu. Maintenant, doit-on vous convaincre qu’il s’agit d’un film d’une qualitĂ© Ă©gale… non, nous n’irons pas jusque lĂ . Mais du chaos, il y en a. Outre une passion commune pour les corps qui Ă©clatent, les fluides non identifiĂ©s et les trĂ©panations peu dĂ©licates, Death Warmed Up partage aussi la mĂŞme Ă©nergie que ses camarades de classe: la steadicam slalome comme une folle dès les premiers instants, très agitĂ©s d’ailleurs, oĂą se succèdent des perceptives Ă©crasantes, de l’homo-Ă©rotisme sauvage façon Cadinot (on l’avait pas vu venir celle lĂ !) et des bedaines explosĂ©es au shotgun.

Un blondinet sorti d’un clip de Frankie goes to Hollywood y rĂŞve de se venger d’un savant fou l’ayant droguĂ© et poussĂ© au meurtre voilĂ  des annĂ©es, trimbalant alors sa bande de potes sur une Ă®le isolĂ©e oĂą le docteur Moreau de pacotille dirige un hĂ´pital garni de nĂ©ons et d’infirmières prĂŞte Ă  dĂ©filer. Ses expĂ©rimentations ratĂ©es, des dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s façon Hills Have Eyes vaguement zombifiĂ©s, prennent Ă©videmment en chasse les jeunots dans un mood très Mad Max (comme avec ce bunker labyrinthique reconverti en piste de moto mortelle). Lourd programme entre carte postale et couloirs aux horreurs, mais sans l’humour cartoonesque qui dĂ©finira l’ADN de ses successeurs. En place, un nihilisme crĂ©pusculaire assez surprenant, achevant de donner de drĂ´les de couleurs Ă  cette curiositĂ© poisseuse.

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