[DAYDREAM] Tetsuji Takechi, 1981

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Si Daydream premier du nom réalisé en 1964 fut considéré comme le premier pinku eiga, Daydream version 1981 sera le premier vrai porno japonais, sauf si naturellement on s’amuse à prendre en compte L’empire des sens de Nagisa Oshima (1976). Les grandes lignes restent, le réalisateur aussi, à la limite de la redite mais réactivant le trouble de son modèle avec d’autres moyens.

PAR JEREMIE MARCHETTI

Comme
dans son aîné, une séance chez le dentiste se transforme en rituel
sensuel, où l’épreuve pour les nerfs (insistante sur les bruits de
roulettes ou d’instruments grattant les dents immaculées) devient celle
des sens. L’eau s’écoule en jet sur la bouche, les doigts caressent les
lèvres, s’introduisent. Plus tard, une pâte blanche vient s’étaler
onctueusement sur la patiente. Puis soudain la dégringolade. Un vampire
acharné, un témoin impuissant, une donzelle en détresse: tout est là. À
l’expressionnisme ténébreux du précédent opus, Tetsuji Takechi lui
préfère les néons du Tokyo interlope, les galeries marchandes désertes,
les boutiques délaissées, comme un hurlement kitsch qu’on voudrait
Ă©touffer.

On
retrouve cette scène incroyable de l’escalator choppé à l’envers, la
victime nue comme un ver prête à être croquée par un Dracula de
pacotille, mais cette fois dans un décor nimbé de néons. De nouvelles
visions folles et radicales qui prouvent que Takechi en avait encore
dans le ventre, comme ce train fantôme lubrique ou – idée du siècle – ce
lavage Ă©rotique au car wash oĂą la mousse fouette voluptueusement une
nymphe ravie. On gagne en scènes gores et spectaculaires, comme avec
cette scène (déjà présente dans l’original) où l’héroïne saignée en
place publique traîne sa carcasse dans l’eau d’une fontaine et sur le
carrelage d’un shopping mall témoin. Porn oblige, Daydream se
réserve aussi quelques scènes pornos hélas moins imaginatives, sans
doute ici pour justifier la transition vers une nouvelle Ă©poque. Rinse
Dreams n’était pas loin.

En 1987, Day Dream 2 repart
de plus belle, avec cette fois des succubes en place du vampire de
carnaval. Nettement axé fesse, Tetsuji Takechi fait gagner en chair ce
qu’il perd en trouble: trop peu de saillies oniriques, et plus de
saillies tout court. Quoiqu’il en soit, voilà des objets non identifiées
qu’on ne risque hélas plus de revoir dans le circuit X actuel.

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