Après avoir été violée par son père, une ado décide de se venger contre sa famille abusive qui a gardé le silence sur cet acte et ainsi sauver la relation avec son petit ami. Parangon de la cat III, ces productions hongkongaises overdosées de sexe et de la violence.

PAR PAIMON FOX

Pour ceux qui ne le sauraient pas, la catégorie III (littéralement «interdit aux moins de 18 ans») regroupe des films HK qui seraient inacceptables s’ils n’étaient pas aussi décomplexés et drôles, toujours réalisés en réaction au politiquement correct. On y voit généralement des crimes, des viols, de l’érotisme, du cannibalisme, du machisme, de la misogynie, de la morale bafouée, du mauvais goût et chaque film témoigne de l’ambiance qui règne à Hong Kong. Des standards du genre comme The Untold Story et A Day Without A Policeman sont réalisés par des cinéastes d’horizons dissemblables : certains d’entre eux se sont spécialisés dans le genre comme Billy Tang ou encore Chin Chi-Kei. D’autres ont proposé des incursions plutôt mémorables à l’instar de Ringo Lam (Full Contact).

Dans le lot, voici un film qu’il est incroyable mais vrai. Et qu’il serait surtout impossible à refaire aujourd’hui. Daughter of darkness a eu un tel succès qu’il a engendré une suite (Daughter of Darkness 2) ainsi qu’une variation masculine (Brother of Darkness). Tel quel, c’est l’histoire d’un Rape and revenge misérabiliste au dernier degré : une jeune femme, sorte de Cendrillon chinoise, tue toute sa famille parce qu’elle a été maltraitée par chaque membre et violée par un père ignoble. Entre temps, un inspecteur – Anthony Wong, pervers comme toujours – et son assistante mènent l’enquête (il tâte les seins des victimes pour déterminer l’heure d’un décès, prend des photos avec les cadavres, essaye de mater une demoiselle du balcon d’en face etc.). Les moments de comédie dignes de Tinto Brass alternent avec des parenthèses tragiques façon sitcom sous acide version Oliver Stone (Tueurs nés) avec des personnages tellement outrées qu’on ne sait s’il faut rire, s’en émouvoir et s’en effrayer.

En filigrane, il critique le système communiste chinois à travers des scènes de délation forcée dans un commissariat. L’inspecteur balance même à un moment que la dénonciation, c’est la vertu traditionnelle des chinois” et abuse de son pouvoir sur tous ses contemporains. L’atmosphère est légère alors que tout ce qui se passe est monstrueux. Le dénouement, en particulier, transforme l’horreur de l’existence en mélodrame ouvertement dégueulasse. Ça ne fait que le rendre plus drôle et corrosif, aussi nihiliste que pouvait l’être par exemple Female Trouble, de John Waters, et sa fin choc – qui ne fait plus rire.

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