Amies pour la vie. Emma et Anaïs sont inséparables et pourtant, tout les oppose. Adolescentes suit leur parcours depuis leur 13 ans jusqu’à leur majorité, cinq ans de vie où se bousculent les transformations et les premières fois. A leur 18 ans, on se demande alors quelles femmes sont-elles devenues et où en est leur amitié. A travers cette chronique de la jeunesse, le film dresse aussi le portrait de la France de ces cinq dernières années.

Tous les garçons et les filles de leur âge. Ah, l’adolescence! Cette période chérie par tant de cinéastes, ayant passé des années et des films à capter la métamorphose, l’amour, la passion, l’amitié, la soif de transgression. Un Pialat, un Kechiche et pas seulement en France, hein! Les sentiments les plus enfouis, les réactions les plus soudaines et les paroles les plus naturelles, le cinéphile le plus aguerri a déjà tout cerné. Ainsi, si on commence à bien connaître la chanson (cette période ingrate dont tout adulte se souvient avec tendresse), on n’a rien contre cette idée (maso, il est vrai) d’y retourner, pour voir si les ados d’aujourd’hui s’ennuient autant que les ados d’hier. L’atout, c’est la présence derrière la caméra de ce cher Sébastien Lifshitz, dont on continue de préférer les docs aux fictions, et qui filme le quotidien de deux jeunes adolescentes sur plusieurs années (de 13 ans à leur majorité), en collant très justement à leurs baskets. Entre de si bonnes mains, nous ne sommes pas surpris que le regard soit le bon.

Pendant plus de deux heures, nous voyons les ados grandir comme nous voyons les saisons passer. Comme nous regardions jadis une Adèle devenir adulte. On écoute des jeunes gens qui (se) racontent des histoires. On voit des corps qui se découvrent. On suit des regards. On se rappelle des évènements qui marquent et qui construisent. Surtout, on n’échappera à rien, pas même aux engueulades mère-fille (assez vachardes et donc assez drôles). Ce qui émane, c’est l’impression de simplicité. Car, oui, c’est tout un art de filmer une vie comme les autres, comme la vôtre, comme la nôtre et, à travers des portraits à la fois singuliers et universels, de radiographier la France de la dernière décennie marquée par tant de vicissitudes, et certaines douloureuses pour tous. Certes, le sujet n’intéressera que ceux y seront sensibles et la question de la durée ne fera pas l’unanimité entre ceux que ça frustrera (oh la la, on aurait tant aimé en voir plus!) et ceux que ça irritera (oh la la, c’est beaucoup trop long pour son propre bien!). Mais qu’on l’admette ou pas, tout le monde s’y reconnaitra forcément. T.M.

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