[ALL YOU NEED IS LOVE] À première vue, le nouveau long métrage réalisé par Danny Boyle semblait marcher sur les traces de Jean-Philippe, cette comédie de Laurent Tuel avec Fabrice Luchini et Johnny Hallyday, sortie en 2006. À première vue, seulement… Car, une fois découverte dans sa totalité, la narration de Yesterday s’avère en réalité bien distincte. Ici, on scrute le quotidien de Jack Malik, musicien raté qui, suite à un un blackout généralisé (et un douloureux accident), se réveille dans un monde où Les Beatles n’ont jamais existé. Connaissant leur répertoire sur le bout des doigts ou presque – comme chacun d’entre nous –, il s’approprie alors les plus grands tubes du groupe et devient peu à peu la star qu’il rêvait d’être, sans savoir – encore – que l’essentiel de sa vie se trouve ailleurs…

Entre Trainspotting, Slumdog millionnaire, Une vie moins ordinaire, La Plage, Sunshine, 127 heures ou Trance, il y avait déjà bien des fossés. Et ce n’est apparemment pas près de s’arrêter… Preuve en est, avec Yesterday, où l’infatigable Danny Boyle continue de nous surprendre, usant de cette inventivité, voire de cette liberté et de ce sens du renouvellement qui lui sont définitivement propres. En résulte une composition sidérante: une adorable romance d’un côté, une véritable ivresse musicale de l’autre (pas sûr que Les Beatles obtiennent plus bel hommage un jour!). Avec quelques pointes d’humour en sus, le film nous entraîne deux heures durant dans un tourbillon d’émotions incessantes, porté par un script rigoureusement construit signé Richard Curtis (Quatre mariages et un enterrement, Love actually, Good morning England) – ainsi qu’un casting ad hoc: à sa tête, ze révélation Himesh Patel et autour de lui, la divine Lily James et le chanteur Ed Sheeran.

Si l’on voulait pinailler, disons qu’il manque parfois un zeste de surprise – l’ensemble, sur le plan scénaristique, demeure assez classique – mais le film marche à l’émotion, carbure à l’amour. Comme le chantaient nos chers garçons dans le vent, c’est tout ce dont on a besoin. Même pour faire un bon film.

GILLES BOTINEAU

PETER JACKSON DANS LE VENT
Le réalisateur de Braindead prépare un documentaire sur les Beatles, basé sur 55 heures d’images inédites des Fab Four en studio, tournées entre le 2 et le 31 janvier 1969, au moment de l’enregistrement de leur dernier album, Let It Be:«Avec ces 55 heures d’images inédites et les 140 heures d’audio mises à notre disposition, ce film sera l’expérience ultime “d’être la petite souris dans le studio” dont rêvent les fans des Beatles depuis longtemps. La machine à remonter le temps nous ramène en 1969 et nous nous asseyons dans le studio en regardant ces quatre amis faire de la bonne musique ensemble. Regarder John, Paul, George et Ringo travailler ensemble, créer des chansons devenues des classiques à partir de rien, n’est pas seulement fascinant, c’est drôle, réjouissant et étonnamment intime», confesse-t-il. P.F.

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