FraĂźchement mariĂ©e, Grace passe sa nuit de noces dans le chĂąteau de sa fortunĂ©e et un peu pĂ©nible belle-famille. À la nuit tombĂ©e, elle doit suivre les rĂšgles d’une tradition familiale farfelue consistant Ă  tirer une carte dans une mystĂ©rieuse boĂźte pour y dĂ©couvrir le jeu auquel elle est conviĂ©e: pas de bol, elle tombe sur le dĂ©fi mortel redoutĂ© par tous, un cache-cache mortel la transformant en gibier pour sa nouvelle famille.

C’est la fin de l’Ă©tĂ©, et sous les larmes poudrĂ©es de sable, un bilan plutĂŽt agrĂ©able se dresse pour le cinĂ©ma d’horreur: une grande partie des titres sortis cet Ă©tĂ© (Midsommar, Crawl, Scary Stories) sortent enfin de certaines modes Ă  l’agonie. Pour la derniĂšre semaine de Juillet, c’est Ready or Not (traduit inutilement et sans doute sous alcool non frelatĂ© Wedding Nightmare) qui s’y colle, chargĂ© d’accueillir comme il se doit les vacanciers dĂ©chus dans les salles climatisĂ©es. AnnoncĂ©e il y a peu de temps, cette petite prod Fox marketĂ©e R-Rated et jouant la carte du survival gothique faisait frĂ©tiller tant elle semblait sortir de nulle part. À la barre, deux noms inconnus cachant en rĂ©alitĂ© le collectif Radio Silence, ayant chapeautĂ© le trĂšs sympathique V/H/S.

Dans un dĂ©corum trĂšs soignĂ© (mais un peu Ă©clairĂ© Ă  la pisse), une Margot Robbie-like (la trĂšs sympa Samara Weaving, vue dans The Babysitter et Mayhem, deux autres potacheries sanglantes) court en robe de mariĂ©e dĂ©chirĂ©e et en Converse pour Ă©chapper Ă  des bourgeois plus branchĂ©s Chasse du comte Zaroff que SoirĂ©e de l’ambassadeur. Un concept sympathique traversĂ© d’une mythologie Ă©tonnante autour d’un bibelot maudit condamnant des gĂ©nĂ©rations entiĂšres Ă  se dĂ©couper en morceaux. Tout est rĂ©uni pour en faire un divertissement horrifique du samedi soir de haute volĂ©e, avec un cĂŽtĂ© Cluedo Ketchup pas dĂ©plaisant. Seulement voilĂ , le duo de rĂ©alisateurs ne dĂ©passent jamais le stade du «pas mal peut mieux faire»: l’humour n’est pas si drĂŽle, les personnages pas si foldingues (ça manque de camp qui tĂąche et sans surprises, Andie Mcdowell est toujours incapable de se lĂącher mĂȘme quand on n’attend plus rien d’elle), le gore pas si inventif (petit veto sur le final trĂšs peterjacksonesque dans l’esprit), la tension pas si incisive (trop de camĂ©ra Ă  l’Ă©paule peut-ĂȘtre?), le discours politique un peu limitĂ© (ah les sales riches !!). Le film retombe mĂȘme dans des motifs trĂšs 2000’s avec hĂ©roĂŻne badass et martyr qui en prendra plein la gueule, mutilation et plongĂ©e dans un charnier compris.

En bref, tout n’est pas «assez» et en mĂȘme temps, rien d’honteux Ă  l’horizon. On aurait pu avoir une grande comĂ©die d’horreur, on passe juste un moment pas trop dĂ©solant au frais.

JEREMIE MARCHETTI