Jonah est le cadet d’une fratrie de trois jeunes garçons impĂ©tueux et Ă©pris de libertĂ©. De milieu modeste, ils vivent Ă  l’écart de la ville avec leurs parents qui s’aiment d’un amour passionnel, violent et imprĂ©visible. Souvent livrĂ©s Ă  eux-mĂȘmes, les deux frĂšres de Jonah grandissent en reproduisant le comportement de leur pĂšre alors que Jonah se dĂ©couvre progressivement une identitĂ© diffĂ©rente. TournĂ© en pellicule (16mm) pour utiliser le langage visuel de la pĂ©riode (les annĂ©es 90), We The Animals se rĂ©vĂšle l’adaptation du roman autobiographique de Justin Torres que vous avez peut-ĂȘtre lu (il est sorti sous le titre “Vie Animale” en France). Le film transpire l’effort, le souci de bien faire mais, comme toujours dans ce genre de proposition, quelque chose cloche dans We The Animals. Quelque chose qui peine Ă  tenir la distance. On ne doute pas une seule seconde de la sincĂ©ritĂ© du propos ni de l’amour pour les personnages composant cette famille tendrement observĂ©s. Seulement, les moyens d’expression sont en rĂ©alitĂ© Ă©prouvĂ©s, ils nous tiennent Ă  distance. Le film est incontestablement attachant mais aussi trĂšs arty forcenĂ©, il n’échappe absolument jamais aux clichĂ©s du formatage Sundance jusque dans la poĂ©sie trĂšs fabriquĂ©e (les nombreux dessins jalonnant le rĂ©cit, une fois ça passe, dix fois, c’est trop) et la rĂ©alisation affectĂ©e. Au fond, sous couvert de ne pas suivre une narration conventionnelle, We The Animals ne donne pas ce qu’on espĂ©rait de lui, Ă  savoir un vrai prĂ©cis trouble sur la dĂ©couverte du dĂ©sir, la naissance et la conscience d’une diffĂ©rence au sein d’une famille oĂč chacun obĂ©it de façon dĂ©terministe Ă  ses fonctions et ses genres. Reste toutefois un espoir qui sourd de ce mĂ©lange de rĂ©alisme social et de langage plus poĂ©tique: l’annonce de plaisirs intimistes Ă  venir. J.F.M.

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