Hashtag mood Linda Blair

Quoi de mieux qu’un film d’horreur moisi pour la réouverture des salles de cinéma? Joel, en proie à des crises de schizophrénie, a peur que son fils soit dans le même cas que lui. Le père Lambert, sorti de prison après avoir provoqué la mort d’un enfant par accident lors d’un exorcisme, pense quant à lui que le jeune garçon est possédé par un démon. Il faut une certaine assurance pour réussir à ne rien dire du sous-genre sur lequel on se repose intégralement, aussi bien dans le fond que dans la forme. C’est le cas de The Demon Inside, qui nous vomit en à peine 1H20 une intrigue expéditive, programmatique, univoque et montée au hachoir, incroyablement mal racontée et mal jouée. Le «twist» du «ah en fait c’est dans sa tête» est ridicule, grillé assez rapidement par n’importe quelle personne réceptive aux énormes panneaux d’affichages que nous balance le réalisateur ici ou là. Les personnages ne sont que la digestion de l’idée d’une parodie de ceux de L’Exorciste, absous de la moindre complexité, mal servis par la prestations de comédiens logiquement peu inspirés. On ne parle même pas de la bigoterie de grand-mère hyper sommaire, qui ferait passer la saga Conjuring pour un traité d’athéisme…

Autre prouesse: rendre l’inévitable scène d’exorcisme déjà-vue alors même qu’on ne l’entrevoit quelques instants que par le trou d’une serrure. Là encore, Pearry Teo déroule le menu de cantine: vomi, voix de fumeur, images qui tremblent, une tête de mort qui se forme dans le ciel alors que le tonnerre gronde, le vieux prêtre rodé et le jeune qui ne tient pas le coup… Le tout est bien évidement filmé en mode pilote automatique, sans aucune originalité, avec ce bon vieux voile gris salopant une photographie qui pouvait être un poil intéressante si elle avait été laissée telle quelle. Bref, le film n’a aucun intérêt, et n’est même pas assez drôle malgré lui pour être supportable. P.H.

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