[CRITIQUE] SOUFFLE de Kim Ki-Duk

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Depuis Locataires, l’enfant terrible du cinéma sud-coréen semble s’être spécialisé dans les mélos au romantisme apaisé. En parlant de ses propres griefs sentimentaux, l’auteur parvient à toucher tout le monde sans exception. Après Time, Souffle, son dernier long métrage tourné en une dizaine de jours, confirme cet avènement. Loin de recycler ses figures symboliques (L’arc, son seul accident artistique, confirmait la fin d’une époque), Kim suit les dernières heures d’un détenu condamné à mort, séduit par la compassion nue d’une femme au foyer, maltraitée par son mari, qui reste uniquement avec lui par amour pour sa fille.

Le cinéaste reprend les bases solides de son cinéma (prison, mari abject, pouvoir de l’imagination sur le réel, sens pour décalage) pour édifier un beau portrait de femme en quête d’ailleurs, déchirée entre le désir d’une étreinte inconnue et l’attachement au train-train quotidien. Les parenthèses musicales permettent aux personnages, véritables plaies d’amour mortelles, d’exprimer leur détresse autrement que par la simple intensité d’un regard. Pas de pathos, ni niaiserie tartignole, juste une célébration de l’amour portée par un souffle nouveau, qui circule au-delà des mots, des larmes et des impassibles manèges. Au-delà de tout.

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