[SUPER-ZERO] C’est toujours la même chose. On pense avoir touché le fond de la crétinerie abyssale et un nouveau film plonge encore plus loin dans la médiocrité, vers l’infini du néant et au-delà. Cette fois, c’est Shazam! Et comme disait Christoph Waltz: «That’s a Bingo!» Un truc de super-héros, option bouffon, à la Deadpool ou Aquaman, mais complètement con et intégralement raté, du début à la fin. Sur tous les plans. A toutes les répliques. Lors de chaque nanoseconde.
Pour faire simple, Shazam! est mal écrit. Responsable: Henry Gayden, gratte-papier inconnu au bataillon de courts-métrages et d’épisodes d’une série TV.
Shazam! est mal réalisé. Nom du coupable, David Sandberg, qui a «mis en scène» des courts-métrages et Annabelle 2. Pas vraiment Christopher Nolan.
Shazam! est mal joué. Zachary Levi, héros de plusieurs séries, a le charisme d’un bulot. Mort ! Et je ne parle pas des «performances» de Djimon Hounsou ou Mark Strong, qui devaient avoir de sérieux problèmes avec le fisc pour accepter de se compromettre dans une telle chose.
Le pitch? Un ado a le pouvoir de se métamorphoser en super-héros adulte grâce à une formule magique. Il va casser du pas-gentil et sauver le monde. FIN.
De fait, Shazam! est issu du service marketing de la Warner, un truc de comptables foireux et incultes, écrit sur des fichiers Excel. Il y a un super-héros très costaud, de la magie, des grosses bébêtes, des ados plein d’hormones, de la baston, des images de synthèse… Tous les éléments pour cartonner, mais pas un gramme d’originalité ou de talent. Je résume: les SFX sont foireux, les répliques débiles (on sauve peut-être «Tu peux toucher à mon gourdin»), les scènes sont disjointes, le récit en-dessous du niveau de la mer, les bastons aussi dynamiques qu’une flaque de saindoux, aussi excitantes que la coloscopie de Cyril Hanouna. Tout a été «pensé» pour séduire un maximum de spectateurs dans le monde entier et Shazam! oscille sans cesse entre film de super-héros tradi-cool, le film de magie à la Harry Potter, la comédie méta-sympa et film pour enfants (5 ou 6 ans, pas plus). Mais à vouloir ratisser aussi large, les comptables made in Warner livrent un kouglof indigeste, pas un film. Et avec un peu de chance, ils vont probablement se manger un gros râteau. Car quand tu veux plaire à tout le monde, tu ne parles à personne. Boursoufflé, interminable, Shazam! s’apparente au supplice du pal et devient illico un sérieux prétendant au titre de pire film de la décennie, oui, oui. Ne perdez donc pas 2h 12 devant ce graal de la connerie, cet Everest du rien, ce film de superzéros qui passe les yeux au papier de verre et lamine le cerveau avec une sur-concentration en stupidité qui pourrait lui être fatal.

MARC GODIN

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