Crazy mamie. Lorsqu’Edna, la matriarche et veuve de la famille, disparaît, sa fille et sa petite-fille se rendent dans leur maison familiale isolée pour la retrouver. Peu après le retour de la mère-grand, et alors que son comportement devient de plus en plus instable et troublant, les deux femmes commencent à sentir qu’une présence insidieuse dans la maison…

Encore un film sur l’Hérédité? La vieillesse est un naufrage. Tel pourrait être le plus simple et concis résumé de Relic. Avec ce film d’horreur (qui, pendant un long moment, cache sa véritable nature), la réalisatrice Natalie Erika James veut rendre effrayante et dérangeante la fin de vie. De même qu’elle veut disséquer les réactions de ceux qui assistent, impuissants, à la déchéance progressive, mentale comme corporelle, d’un proche. Dit comme ça, ça n’est pas très jojo mais croyez-nous, c’est encore plus sombre mis en image.

Relic donne le ton bien plombant dès le départ avec son mauvais temps et ses visages blafards de trois pieds de long. L’ambiance se veut absolument pesante et elle le restera durant une bonne heure trente, engluée dans la tristesse. L’action se situe dans une maison perdue au milieu de nulle part, entourée d’un brouillard que l’on sait déjà métaphorique. On n’est pas chez Bergman mais presque: trois actrices représentant trois générations de la même famille vont s’y donner la réplique: la jeune Sam (Bella Heathcote, vue dans The Neon Demon) la quadra Kay (Emily Mortimer) et la vieille Edna (Robyn Nevin). Les deux premières voyant que la dernière commence à vriller de la carafe se disputent alors la meilleure façon dont elles pourraient advenir au besoin de celle-ci. En gros, doivent-elles rester avec elle dans la maison lugubre ou la placer en maison de retraite?

S’ajoute à ça une mystérieuse présence rôdant derrière les murs de la bâtisse. A mesure que les décisions se prennent et que l’état de la matriarche empire, se déclenche une lente et irrémédiable descente vers l’obscurité qui engloutira tout le monde. Le voilà, le vrai sujet. On taira volontairement la seconde partie du récit afin de vous laisser la surprise des visions dérangeantes que vous a concocté la réalisatrice (qui ne s’est visiblement jamais remise de Under the skin).

Certains voudront en raison des thèmes, du chagrin et de la dimension horrifique latente qui ne se révèle pas immédiatement rapprocher le film de Hérédité. Mais c’est un trompe-l’œil qui ne jouerait dans tous les cas pas en faveur de Relic. Si sa gestion de la tension et ses effets de montage lui font avoir en apparence le sérieux d’une production A24 et l’esthétique d’un Blumhouse, l’ensemble pêche par manque de maîtrise, par confusion et par ses références écrasantes. Ce qui donnait l’illusion d’un sérieux papal se révèle en réalité un train-fantôme sans substance. On garde quand même un œil sur la réalisatrice en espérant qu’elle creuse la veine radicale empruntée au départ et qu’elle affirme une plus grande personnalité derrière la caméra. G.C.

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