Une suite. Mais quelle suite? Quatre ans après Dernier train pour Busan, il ne reste que des zombies dans la péninsule. Un groupe de soldats forcés d’y retourner découvrent que des survivants non contaminés se sont regroupés dans une bande bien plus dangereuse que les zombies…

Aurez-vous le courage de rester jusqu’au bout? Ceux qui placent de grands sincères espoirs dans cette prétendue suite de Dernier train pour Busan et qui espèrent retrouver la même impeccable alchimie d’émotions fortes (du zombie, du mélo, de l’humour, de l’héroïsme, de l’humanité, du sang, des larmes etc.) prodigieusement relevée par son auteur dans le premier doivent à tout prix calmer leurs ardeurs. Pour commencer, les univers sont (faiblement) liés, cela n’a rien à voir – l’enjeu cette fois, c’est la quête d’un trésor dans une Corée zombifiée. Mais le vrai problème n’est pas tant que ce soit une fausse suite (après tout, les arnaques en termes de vente d’un produit peuvent provoquer d’heureux accidents – cf. la réjouissante dépression horrifique de Charlie Kaufman). C’est avant tout un faux événement tant le résultat tient de la saumâtre série Z post-apo conçue pour plaire aux occidentaux (le réal nous pense-t-il à ce point bas du front?) et insultant au final notre intelligence de spectateur pourtant bienveillant (c’est la crise, ma bonne dame, faut soutenir le cinémaaaa).

Alors, face à ce ratage intégral que l’on éprouve douloureusement dès les dix premières minutes, que faire? Se mettre en boule et pleurer? Choisissons l’option la moins douloureuse: rire face à tant de connerie furibarde, de concentré de Chuck Norris revu par un Neil Marshall décalcifié. Avouons que, par moments, on rit devant la nanardise à peine assumée de certains effets, comme cette amusante voiture-balai envoyant des zombies dans le décor de façon exponentielle. Faut bien récupérer ce qu’il a de récupérable à l’écran, parce qu’il faut soutenir le cinémaaaa. Un plan, un silence, une larme. Mais on a rapidement mal à la tête et l’on s’en bat l’œil.

Bien sûr, il serait faux de prétendre que Yeon Sang-Ho a perdu le sens de l’emphase comme du spectaculaire vu sa propension à en faire des tonnes. On comprend bien son envie cinéphile de faire ce que George Miller a fait avec les Mad Max et Sam Raimi avec les Evil Dead. OK. Mais il faudrait avoir plus d’ambition que de faire du mauvais ciné-jeu vidéo. C’est mal écrit (un scénario? Mais quel scénario?), mal joué (un acteur? Mais qu’est-ce qu’un acteur?), mal fagoté (une histoire? Mais quelle histoire?). Et par-dessus tout, c’est d’une laideur hideuse. Une gabegie d’effets numériques qui donne envie de nous refaire l’intégrale de la filmo de Kelly Reichardt pour respirer un peu. Enfin, rappelons que abuser grossièrement de pathos larmoyant avec violons et ralentis, ça ne suffit pas à générer la moindre émotion, grande absente de ce clichetonneux cauchemar pelliculé. J.F.M.

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