[CRITIQUE] OVERLORD de Julius Avery

La sĂ©rie b (de luxe, on va pas se mentir) serait-elle de retour? C’est ce qu’Overlord semble clairement sous-entendre, dĂ©barquant sans prĂ©venir au milieu de super-hĂ©ros gonflĂ©s aux stĂ©roĂŻdes et de reboots en-veux-tu-en-voilĂ . Quelques mois après Sans un bruit (que nous n’avions pas adorer ici, on va pas vous le cacher), Paramount prend Ă  nouveau un petit risque avec un cross-over de genre particulièrement Ă©pineux: le film d’horreur et le film de guerre. On se souvient, Ă  peine Ă©mus, de nombreuses tentatives rĂ©centes comme la trilogie Outpost, R-Point, Deathwatch, The devil’s rock, Red Sands, The Bunker... principalement des dtv gĂ©nĂ©ralement oubliables se reposant très maladroitement sur leur high-concept. Et puis v’la une prod Ă  30 millions de dollars qui tape le poing sur la table, rameutant un rĂ©alisateur n’ayant fait qu’un film d’action Ă  peine remarquĂ© (Son of a Gun) et toute en assurance bien placĂ©e. Des soldats amĂ©ricains, une Ă©glise, des nazis, un sous-sol aux horreurs : faites-le lien. En une demi-heure, le brave Julius Avery prouve en tout cas qu’il peut emballer des scènes de guerre immersives et confirmera plus tard qu’il n’a pas trop peur d’aborder les deux genres sur un pied d’égalitĂ© : une Ă©trange substance injectĂ©e sur des sujets rarement consentants offre ainsi des mutations gourmandes, beau mĂ©lange entre sfx traditionnels et CGI. Mais si Overlord trouve le bon ton et amuse vaguement la galerie, oĂą est le souci? On peut lui reprocher de ne pas assez exploiter ses aspects horrifiques (on ne croise que deux/trois mutants Ă  tout casser) et de se laisser un peu embrigader par son approche scolaire, Ă©vacuant toute la saveur atmosphĂ©rique et mystĂ©rieuse d’un dĂ©corum très proche du premier Return to Castle Wolfenstein. Et tant qu’à ĂŞtre carrĂ©, une demi-heure en moins n’aurait pas fait de mal Ă  tout ça. La prĂ©sence de Wyatt Russell, aussi rugueux et sexy que son père Kurt, et qu’on avait vu dans l’épisode Playtest de BlackMirror, ravive d’ailleurs une idĂ©e dĂ©sespĂ©rĂ©e: revoir la mĂŞme chose signĂ©e par le Carpenter de la grande Ă©poque. Bon en attendant, c’est honorable sans ĂŞtre mĂ©morable, et c’est dĂ©jĂ  pas mal. J.M.

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