Alors que nous sommes progressivement en train de passer la pĂ©riode printanière dans la vraie vie, une pĂ©riode se dessine Ă©galement au cinĂ©ma: celle de l’adolescence tumultueuse questionnant son identitĂ©, censĂ©e fleurir elle-aussi. En l’espace de quelques semaines, on ne les compte plus: Les moissonneurs, Boy erased, Entre les roseaux, Mon meilleur ami et bientĂ´t Genèse. Autant de films fragiles, dĂ©cevants, lisses, mièvres – en comparaison, ce cher Call me by your name s’avère un rĂ©el chef-d’oeuvre. Mon meilleur ami ne change pas la tendance. On y suit Lorenzo, un adolescent discret et studieux, qui vit dans une petite ville de Patagonie. Un jour, son père dĂ©cide d’accueillir sous leur toit CaĂ­to, un jeune garçon frondeur et mystĂ©rieux. D’abord mĂ©fiant, Lorenzo va peu Ă  peu se rapprocher de CaĂŻto sans soupçonner les consĂ©quences de cette nouvelle amitiĂ©… mais CaĂŻto a un secret.

Coup d’essai de l’Argentin Martin Deus, Mon meilleur ami trace le portrait d’une amitiĂ© ouverte Ă  la complexitĂ© de l’attirance avec deux personnages qui se dĂ©couvrent petit Ă  petit. C’est cette trajectoire, toute en rĂ©vĂ©lations donc, qui fait la seule force de l’ensemble qui, hĂ©las pour nous, devient rĂ©ellement intĂ©ressant seulement dans sa dernière partie. Avant, c’est assez plat sans jamais atteindre ce que l’on espère de ce genre de film dramatique: Ă  savoir, de la transgression et de l’émotion. La faute Ă  un scĂ©nario trop sage et Ă  une mise en scène totalement vaine noyĂ©e dans les visions solaires d’un dĂ©cor apparemment idyllique. Et la situation de rapidement tourner en rond et de se rĂ©pĂ©ter. Bref, ça ressemble Ă  un bonbon colorĂ© sans saveur, passant Ă  cĂ´tĂ© de ses beaux sujets que sont la difficultĂ© et de la richesse de la rencontre, mais aussi de la difficultĂ© de dĂ©couvrir son corps et notamment ses Ă©motions. PrĂ©visible en somme, lĂ  oĂą ça devrait nous surprendre. Dans ce mĂŞme registre, on prĂ©fĂ©rait le beau film Heartsone, sorti il y a deux ans, sur le passage Ă  l’âge adulte et de la dĂ©couverte de soi dans un dĂ©cor qui n’appelait qu’à ĂŞtre libre – et oĂą le cinĂ©ma pouvait ressembler Ă  un Ă©tĂ© oĂą la mĂ©lancolie d’un instant, une pĂ©riode, venait pour le coup rĂ©vĂ©ler la vĂ©ritĂ© d’histoires profondĂ©ment humaines et dĂ©chirantes.

THEO MICHEL

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