[TREMBLEZ, V’LA OCTAVIA!] Des ados concons, qui aiment beaucoup la picole après les cours, vont croiser le chemin de Sue Ann, une petite dodue qui ne manque pas de franc parler. Celle-ci va devenir leur fournisseuse officielle de boissons interdites aux mineurs (et bien plus encore). Malheureusement pour la petite troupe, la gentille Sue Ann n’est pas aussi cool qu’elle en a l’air. Huit ans après La couleur des sentiments et l’Oscar du meilleur second rĂ´le qui va avec, Tate Taylor retrouve sa complice Octavia Spencer pour lui offrir cette fois le rĂ´le clĂ© d’un thriller horrifique chapeautĂ© par Blumhouse. Si le talent de celle-ci est de tous les plans et que le projet se veut plus «mature» que la plupart des Blumeries en abordant des thèmes pas si courants comme le mal-ĂŞtre adulte et la rancĹ“ur jusqu’Ă  la folie, pas sĂ»r en revanche que cela suffise Ă  pleinement nous Ă©moustiller.

En fait, il y a Ă  la fois beaucoup et peu Ă  dire sur Ma. Le film ressemble Ă  un vĂ©hicule destinĂ© Ă  mettre en lumière uniquement ce qui passionne le rĂ©alisateur, Ă  savoir le jeu hallucinĂ© de son actrice fĂ©tiche. Son personnage de petite quadra paumĂ©e travaillant comme assistante vĂ©tĂ©rinaire tentant de trouver au contact de cette bande de jeunes une exaltation dans un quotidien morne s’avère sans conteste la plus grande qualitĂ© du film. Et on ne lui retirera pas: Octavia est excellente du dĂ©but Ă  la fin. Tour Ă  tour drĂ´le, ridicule, inquiĂ©tante, touchante et effrayante, elle dĂ©montre une rĂ©elle aisance dans les brusques changements de ton et dĂ©livre une joli perf pendant près d’une heure quarante.

Seulement voilĂ , tout miser sur une performance ostentatoire n’en reste pas moins un exercice risquĂ©. Et pour que Ma soit une rĂ©ussite totale, il aurait fallu ne pas nĂ©gliger… tout le reste. Car oui, Ă  ce niveau-lĂ , c’est un peu la cata. La mise en scène est d’une platitude absolue, les clichĂ©s du genre surabondent (hĂ©roĂŻne sans repères, sous-sol dangereux, masques effrayants, jump scare Ă  la con etc) et la bande d’ados interchangeables n’est qu’un faire-valoir. On a au final l’impression que Tate Taylor prĂ©fère plus son actrice Ă  l’horreur, ce qui est un peu gĂŞnant quand il s’agit d’un film d’horreur. Si l’affiche du film ressemble beaucoup Ă  celle de Split, autre film made in Blumhouse basĂ© sur une perf d’acteur, pas de Shyamalan hĂ©las aux commandes. On doit alors se contenter d’une simple farce macabre sans gĂ©nie, virant dans sa dernière ligne droite au torture porn soft d’un ridicule embarrassant.

GUILLAUME CAMMARATA

MAMAMIA
Tate Taylor a conçu son film dans l’esprit des thrillers qu’il regardait enfant, comme Carrie, Halloween la nuit des masques ou encore Misery. “Si un personnage dans un film ressemble d’une manière ou d’une autre Ă  quelqu’un que vous n’aimez pas dans la vraie vie, c’est amusant de le voir se faire Ă©gorger Ă  l’écran. C’est mal, mais c’est savoureux !” ajoute-t-il dans le dossier de presse.

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