[CRITIQUE] LAMB de Valdimar Jóhannsson

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Précédé d’un joli petit buzz cannois, Lamb avait tout sur le papier pour être le nouveau Border, film stupéfiant (et déjà oublié) de Ali Abbasi qui usait du mythe du troll comme Morse s’encanaillait avec celui du vampire. Ici, on se trouve encore sur un terrain propice aux légendes et aux créatures d’un autre âge, mais cette fois dans les belles plaines islandaises. Idéal avec un plaid et un chocolat chaud, comme dirait Marie-Françoise. Là encore on est sur du «moins on sait, mieux c’est» même si dans le cas présent, l’adage pourrait surtout préserver de la pauvreté du contenu…

Un couple de fermier isolés de tout assiste un jour à la naissance d’une bête pas comme les autres…plus exactement un mouton mutant, qu’ils vont accueillir dans leur vie comme un nouvel enfant. On appréciera beaucoup le cross-over Chavroux (oui c’est un mouton pas une chèvre, on sait) / Midsommar lorsque Noomi Rapace lui tresse une couronne de fleur et le couvre de bisous-bisous. On serait bien ici, sauf que les personnages (en sus d’un frangin perturbateur) sont à peine digne d’intérêt, murés dans des silences Bergmaniens, et à vrai dire peu pertinents dès qu’ils ouvrent le bec. Passé la splendeur des paysages d’un autre monde, la mignonnerie des gros et des petits moutons (évidemment qu’on adore l’humanoïde et son ptit pull!) ou la beauté rugueuse du duo masculin (libre à vous de préférer les longues joues de Noomi Rapace), on trouve le temps un peu long. Très long même.

Précieux mais poseur, dramatique mais désincarné, soigné mais peu finement écrit, Lamb ressemble à un faux paradis inanimé, dont la conclusion (très cruelle, c’est déjà ça) finit par ramener tous les soucis sur un même plateau: tout cela n’est qu’un gigantesque court métrage étiré, qui a le malheur de passer à côté d’une émotion terrassante. Et le plan final, qui ose le gimmick interdit du regard caméra (vous savez celui pour vous faire comprendre que ÇA FAIT MAL AU-DEDANS), ne fait que confirmer la facilité de ce passeport pour les grands studios. En vingt/trente minutes, on n’aurait pas dit non. Sur 1h48, par contre… Belle pub pour l’Islande néanmoins. J.M.

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