[CRITIQUE] LA FEMME DE MON FRERE de Monia Chokri

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MontrĂ©al. Sophia, jeune et brillante diplĂ´mĂ©e sans emploi, vit chez son frère Karim. Leur relation fusionnelle est mise Ă  l’épreuve lorsque Karim, sĂ©ducteur invĂ©tĂ©rĂ©, tombe Ă©perdument amoureux d’EloĂŻse, la gynĂ©cologue de Sophia… En faisant l’ouverture de la section Un Certain Regard, Monia Chokri, actrice des Amours Imaginaires de Xavier Dolan, passe de l’autre cĂ´tĂ© de la camĂ©ra avec une comĂ©die familiale pas comme les autres. D’ailleurs, on devrait plutĂ´t parler de comĂ©die romantique, avec cette particularitĂ© qu’elle a lieu entre une sĹ“ur et son frère, ce qui n’est pas si courant en dehors du champ pornographique. Sophia (Anne-Elisabeth BossĂ©) est en pleine crise de la 35aine (trop embourgeoisĂ©e pour accepter n’importe quel petit boulot, trop dĂ©pendante de ses proches pour leur lâcher la grappe financière). Elle tombe de haut lorsque son frère Karim, le coureur Patrick Hivon, ficelle une romance avec sa propre gynĂ©cologue obstĂ©tricienne… L’exubĂ©rance des personnages rappelle les premiers Dolan (l’homme Ă  la houppette n’est jamais bien loin), une fois encore les sous-titres anglais sont insuffisants pour un public francophone, et les jump cuts incessants auraient pu vite nous faire sortir le sac Ă  vomi. Pourtant la formule fonctionne, relevĂ©e par des dialogues mitraillĂ©s Ă  un rythme assassin, et bien aidĂ©e par un scĂ©nario tumultueux qui prend soin d’éviter la chronique adulescente sympathique mais indigeste passĂ©e la première demi-heure. On ajoute illico presto cette reprise en VF d’A well respected man des Kinks par Petula Clark Ă  notre playlist de l’annĂ©e, et on se quitte avec cette rĂ©flexion fĂ©ministe aussi drĂ´le que cinglante : «On passe la moitiĂ© de sa vie Ă  se trouver grosse, et l’autre moitiĂ© Ă  se trouver vieille et grosse». G.R.

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