[POURQUOI?] Le revoici, le revoilà avec sa sale gueule en forme de bûche et son bronzage de l’enfer. Le reboot de Hellboy accoste par chez nous en cette période fourre-tout d’avant Cannes. Précédé d’une réputation calamiteuse et souffrant de la comparaison déloyale avec ses précédentes adaptations, ce délire cucul la praline et ultra violent n’est pourtant pas la purge annoncée et possède même quelques qualités pour peu qu’on ne soit pas trop regardant sur le fond comme sur la forme.

Commençons directement par balayer toutes comparaisons avec les deux films de Guillermo Del Toro. Neil Marshall n’a ni l’ambition, ni le talent, ni l’envie de venir se frotter à plus fort que lui. Téméraire, il va prendre de revers tout ce qui faisait l’identité des précédents films. Aux monstres horriblement beaux de Del Toro, il répond à avec des horreurs absolument dégueulasses et inesthétiques. Bouillon de CGI infect, il n’a que faire de la laideur: ce qui importe à Neil par-dessus tout, c’est le spectacle. Et niveau spectacle, force est d’admettre que vous en aurez pour votre argent. Ayant visiblement appris à créer d’opulents tableaux de batailles quand il officiait sur Game of thrones, le metteur en scène nous gratifie de son savoir-faire passe partout.

Pour se démarquer des autres blockbusters, Marshall va employer la méthode qui tâche, à savoir jouer la carte du gore à outrance. Il va aussi nous broder une pseudo histoire à la mord-moi-le-nœud à base de sorcière revancharde (Milla Jovovich, of course). Un prétexte à un enchainement quasi ininterrompu de sketchs dans lesquels nous ferons la connaissance de Merlin l’enchanteur, Alice, Baba Yaga, les Ogres, les Vampires et tout le bestiaire fantastique d’ici et d’ailleurs. Sur deux heures de film, inutile de vous dire que vous allez frôler plus d’une fois l’overdose. Mais le film ne manquant ni de rythme ni de générosité dans sa connerie, le temps passe relativement rapidement. Le plus intéressant pour ceux qui s’aventureront dans ce Hellboy new gen, ce sera de regarder le réalisateur se débattre aux commandes d’une super-production à 50 millions pour faire jaillir de temps à autres des scènes d’horreurs pures, comme pour rappeler à notre bon souvenir ses précédentes réussites (The Descent). Au détour d’une scène de repas avec un monstre, un plan furtif dans une cuisine avec des restes d’enfants suspendus ou bien encore des titans qui empalent de pauvres innocents…. Inhabituelles et inconfortables, ces visions de Neil Marshall nous font regretter que Hollywood ait transmué un cinéaste prometteur pour le chaos en énième faiseur de divertissement MacDonalds.

GUILLAUME CAMMARATA

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here