[CRITIQUE] HALLOWEEN de David Gordon Green

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Laurie Strode est de retour pour un affrontement final avec Michael Myers, le personnage masquĂ© qui la hante depuis qu’elle a Ă©chappĂ© de justesse Ă  sa folie meurtrière le soir d’Halloween 40 ans plus tĂ´t. Tremblez. Sur le papier, tout faisait saliver : Jamie Lee Curtis en plein revival + David Gordon Green en pleine renaissance artistique + John Carpenter cornaquant l’entreprise. A l’Ă©cran, c’est hĂ©las une succession de dĂ©convenues qui sonne bizarrement faux dès sa scène d’intro. Rien Ă  faire, ça ne fonctionne tout simplement pas. La première mauvaise nouvelle, c’est la faiblesse du scĂ©nario apparemment conçu en rĂ©action aux dernières variations de Rob Zombie avec un cĂ´tĂ© retour aux bases et se dĂ©roulant dans la stricte application d’un cahier des charges prĂ©visible de A Ă  Z avec personnages-prĂ©textes Ă©crits Ă  la truelle, rebondissements tĂ©lĂ©phonĂ©s et meurtres inoffensifs Ă  gogo, parfois au dĂ©triment de la logique. Passe encore que tout le monde trouve cette grande fĂŞte ridicule, encore faut-il qu’elle soit mise en scène, transcendĂ©e. Or, la forme est illustrative, fonctionnelle et David Gordon Green n’a aucune place dans ce cadre pour insuffler sa sensibilitĂ© ou sa personnalitĂ©. Dans les mouvements de camĂ©ra, dans la composition des plans, on est bien loin de l’intelligence de celle de John Carpenter pour La nuit des masques (1978) qui faisait trembler avec une sourde dĂ©termination. C’est peu dire que le serpent se mord la queue. Naguère, on s’Ă©tait beaucoup moquĂ© de Halloween, 20 ans après (Steve Miner, 1998); or, Ă  l’ère de nos rĂ©seaux ultra-sociaux et de nos critiques ultra-complaisantes, on ne peut pas dire que ce soit non plus l’extase vingt ans plus tard avec cet opus terminal qui, si l’on apprĂ©cie l’imagerie flamboyante et le sens de l’humour noir, ne s’adresse qu’aux fans nostalgiques du premier volet ravis des clins d’œil d’entre-soi, des rĂ©fĂ©rences ressassĂ©es, des rĂ©miniscences riches en effets de connivence. Sous couvert de plaisir coupable d’un autre temps qui procure une sorte d’irrĂ©sistible ivresse rĂ©gressive, ce Halloween a surtout 40 ans de retard. P.F.

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