In the heat of the night. Connie (Robert Pattinson) et son frĂšre Nick, souffrant de retard mental (Ben Safdie lui-mĂȘme), braquent une banque en plein jour. Tout se dĂ©roule selon leurs plans jusqu’à ce que Nick se fasse repĂ©rer par la police, puis arrĂȘter. D’une abnĂ©gation totale, son frĂšre va tenter de le sortir de lĂ , au cours d’une nuit folle qui va le mener chez un receleur, dans un parc d’attraction ou encore dans l’appartement d’une grand-mĂšre vivant avec sa petite-fille de 16 ans.

DerriĂšre le fluo et le nĂ©on, resplendit la noirceur. Vous allez le lire partout mais c’est vrai: Robert Pattinson enterre dĂ©finitivement avec Good Time son image so glam de vampire estampillĂ© Twilight. Son ambition depuis quelques films: prouver une Ă©niĂšme fois qu’il vaut mieux qu’une image de playboy lisse et inviter au grand saccage des apparences. C’est chose peu aisĂ©e mais assez rĂ©ussie prĂ©sentement. Pattinson joue un braqueur embarquĂ© dans une mission dĂ©sespĂ©rĂ©e et nocturne dans les bas-fonds d’un New York interlope pour faire sortir de prison son frĂšre handicapĂ©. Loin des canons Hollywoodiens, l’acteur avait dĂ©jĂ  commencĂ© sa rĂ©jouissante besogne dans des films fort peu mauvais comme Cosmopolis de David Cronenberg ou The Lost City of Z de James Gray. Sous l’égide des frĂšres Safdie, des indĂ©pendants purs et durs comme on les affectionne, il donne la meilleure performance de sa carriĂšre dans ce film de braquage dĂ©jouant avec une Ă©lĂ©gance souveraine les lieux communs du genre et donnant Ă  voir, si l’on excepte Robert Pattinson et l’excellente Jennifer Jason Leigh, une distribution composĂ©e d’acteurs peu connus comme Buddy Duress, une gueule, habituĂ© des frĂšres Safdie et ancien dĂ©linquant, ainsi que des figurants dĂ©couverts lors de castings de rue. Une particularitĂ© qui confĂšre force et vĂ©racitĂ© au portrait de New York, en particulier du quartier de Queens, situĂ© en face de Manhattan et Ă  l’image un peu banlieusarde. En d’autres termes, les frĂšres fraichement trentenaires donnent plus d’importance Ă  l’atmosphĂšre (ouatĂ©e) et aux personnages (complexes) qu’à l’action. D’oĂč une intrigue erratique qui peut parfois dĂ©router, pour ne pas dire dĂ©courager, les spectateurs les plus cartĂ©siens.
Reste que dans cette façon Ă  la fois douce et violente de plonger dans le New-York si cinĂ©gĂ©nique des bas-fonds grouillants, on se croirait revenu Ă  la (bonne) Ă©poque des (bons) polars d’Abel Ferrara ou aux nuits du After Hours et du Mean Streets de Martin Scorsese. HĂ©ritage fiĂšrement revendiquĂ© et par consĂ©quent bienvenu Ă  une heure oĂč le cinĂ©ma Hollywoodien rime avec verroterie consensuelle. Il y a quelque chose d’un peu dĂ©suet, d’un peu sale et d’un peu sexy dans ce film, magistralement mis en musique par Oneohtrix Point Never. En mĂȘme temps qu’il s’agit d’un renouvellement, d’une nouvelle Ă©tape artistique chez les Sadfie – leurs The Pleasure of Being Robbed (2008) et Lenny and the Kids(2009) Ă©taient passionnants mais trop appliquĂ©s, trop dans la veine post-Cassavetes dĂ©jĂ  trop creusĂ©e. Dans tous les cas, chacun en sort gagnant.

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