Popcorn style. Une vente d’armes clandestine doit avoir lieu dans un entrepôt désert. Tous ceux qui y sont associés se retrouvent face à face : deux Irlandais, Justine, l’intermédiaire, et le gang dirigé par Vernon et Ord. Mais rien ne se passe comme prévu et la transaction vire à l’affrontement. C’est désormais chacun pour soi… pour s’en sortir, il va falloir être malin et résistant.

De l’emprunt, toujours de l’emprunt, rien que de l’emprunt. Ben Wheatley est capable du meilleur (Kill List) comme du pire (A Field in England). Se présentant tel un divertissement affûté, Free Fire n’est hélas pas à ranger parmi ses réussites, plutôt du côté de ses oubliables. Difficile d’ailleurs de ne pas penser à A Field In England, à l’origine conçu comme une expérimentation, dont Wheatley reprend grosso modo la même idée minimaliste (un lieu unique et beaucoup de vent) avec un habillage glam-cool. On sent bien l’intention du réalisateur après deux trois expériences par trop radicales de faire un cinéma plus «calibré» afin de satisfaire les exigences du grand public international tout en préservant une certaine ambition artistique apte à séduire aussi les plus exigeants avec ce qu’il faut de rasades d’humour sanguinolent et de citations corporatives congrues. Hélas, ce huis clos tout en gunflights pétaradants et en vannes sèches est un exemple immature de tout ce que l’on peut compiler en termes de cinéma de genre «tarantinesque». Ces restes inconséquents de Reservoir Dogs, des décennies après avoir été pillé par tous – sans oublier que ce Tarantino-là piochait déjà sans vergogne dans City of Fire de Ringo Lam – sont un peu regrettables de la part d’un cinéaste que l’on soupçonnait plus substantiel et qui, après l’ambitieux High Rise, se contente de nous servir de la bonne vieille baudruche artificielle et terriblement vaine, du genre comme on ne pensait plus en subir depuis Guy Ritchie. En d’autres termes, c’est le serpent qui se mord la queue: Wheatley est plus dans l’imitation d’un genre que dans la création. Son polar parodique se délite vite et le spectateur regarde ça pas vraiment captivé – un peu ailleurs.

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