Volte/Face. Une adolescente de 17 ans, occupée à faire bonne figure dans son très élitiste lycée, devient la nouvelle cible du Boucher, un tueur en série tristement notoire. Son année de Terminale va alors devenir le cadet de ses soucis. Lorsque, sous l’effet du poignard antique du Boucher ils se réveillent dans le corps de l’autre, la jeune femme n’a alors que 24 heures pour retrouver son corps afin de ne pas rester coincée pour le restant de ses jours dans la peau d’un tueur en série d’une cinquantaine d’années. Tâche délicate étant donné qu’elle ressemble désormais à une armoire à glace psychopathe, recherché par la police et cible d’une chasse à l’homme locale… alors que le Boucher, lui, dans la peau de la jeune fille, est bien décidé à célébrer un retour en fanfare dans un bain de sang.

Après Freaky Friday, voici Freaky. C’est peu dire que nous étions fâchés avec le réalisateur Christopher Landon. Son Happy birthdead 2U, daube filmique sortie l’année dernière en salles, se contentait sans vergogne de surfer sur le succès du premier. Et c’est peu dire que nous n’attendions pas grand-chose de sa part. Ne pouvant se résoudre à quitter l’ambiance de ses deux derniers longs métrages, Landon remet une pièce dans le juke-box du teen horror méta. A tel point que Freaky pourrait se dérouler dans le même univers que Happy Birthdead (dixit le real lui-même). Le concept du slasher temporel est ici remplacé par un échange d’enveloppe corporelle entre une ado sexy mais qui s’ignore (Kathryn Newton) et un tueur bourru (Vince Vaughn) ayant voulu planter la coquine avec une dague maya magique. Le ressort est connu (Volte/Face, Freaky Friday…), le déroulement non moins. Pour retrouver son corps, la petite devenue colosse a vingt-quatre heures avant que l’échange ne soit pas permanent. Une information capitale balancée en deux minutes par un prof d’espagnol Desigual traduisant une page Wikipédia sur son téléphone.

Loin de toute dimension physique-métaphysique (ça fait quoi de se retrouver dans le corps de l’autre?), Freaky n’a pas d’autres prétentions que de fournir sa dose d’humour horrifique sur ce concept, jouant par ailleurs sur le retour de Vince Vaughn dans le registre de l’humour dumb. Celui qu’il avait un peu quitté au profit d’un registre plus sérieux (Trainé sur le bitume de S. Craig Zahler). Il est vrai qu’il y a de quoi sourire face à cette carrure du gaillard prétendument investie par le corps d’une ado frêle. Mais, de la même façon que pour Adam Sandler enchaînant Hubie Halloween après Uncut Gems, on ne peut s’empêcher de penser que ce revival comique par le biais de l’horreur n’était pas franchement la meilleure des idées. Surtout, sur une heure quarante, c’est un léger ennui qui pointe. La faute à un scénario paresseux, se reposant un peu trop sur ce concept «cool» et sur une mise en scène en mode automatique, se contentant de faire s’entrecroiser des personnages dans un lycée étrangement désert. Le tout est entrecoupé de petits gags dont un faux coming out hétéro, d’une course poursuite en Fiat Punto et de petits meurtres par-ci par-là – rassurons-nous, ce ne sont jamais des innocents, hein, toujours des raclures qui au fond l’ont bien mérité; sur ce coup, que l’on se rassure, les bonnes vieilles bases du slasher à l’ancienne sont respectées.

Là aussi, il y a un décalage entre la manière dont on se conçoit et ce que l’on est réellement. Christopher Landon adorerait être un Sam Levinson (Assassination Nation, Euphoria) ou un Ryan Murphy (Scream Queen, AHS). Faute d’avoir la justesse d’approche sur la génération Tiktok du premier et la folie créatrice et trash du second, Freaky se regarde puis s’oublie aussi sec. C’est le film pop-corn par excellence: ni bon, ni mauvais. Juste qu’on s’en bat l’oeil. G.C. 

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