[CAVALIER SEUL] Emmanuèle Bernheim et Alain Cavalier sont liés par trente ans d’amitié. Ils préparent un film d’après le livre autobiographique de la romancière: Tout s’est bien passé. Elle y raconte comment son père lui a demandé d’en finir à la suite d’un accident cardio-vasculaire. Cavalier lui propose de tenir son propre rôle et que lui, soit son père. Un matin d’hiver, Emmanuèle téléphone à Alain; il faudra retarder le tournage jusqu’au printemps, elle est opérée d’urgence.

L’homme à la caméra (DV) revient sur la pointe des pieds, avec la discrétion qui le caractérise, avec ce film hommage à Emmanuèle Bernheim, commencé bien avant la disparition de l’écrivaine, survenue en 2017. Une muse spirituelle dont il choisit d’abord de ne montrer que la voix, rusant d’artifices pour saisir un quotidien pourtant bien ordinaire (cf. ce plan focalisé uniquement sur les mains de la dame préparant une recette à base de fenouil). Le cinéaste fait feu de tout bois et s’autorise même à filmer pendant six minutes une simple photo noir et blanc de son égérie, plan uniquement accompagné de la voix off de son narrateur transi (ça pourrait durer sans mal une dizaine de minutes de plus). C’est le principe même de ce film diaboliquement envoûtant: ramener les morts dans sa chambre à coucher. G.R.

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