[GAME OVER] Un bon concept ne fait pas un bon film. C’est ce qu’auraient dû se dire les scénaristes d’Escape Game (oui, ils sont plusieurs) avant d’accoucher d’une histoire aussi abracadabrante. Prenez un groupe de parfaits inconnus se retrouvant par hasard dans la salle d’attente d’un escape game très réputé. Tous sont là pour une seule raison: dix mille dollars attendent celui qui parviendra à s’échapper. Et pas question de flâner, puisque les pièges se révèlent tous aussi mortels les uns que les autres. Brrr, ça fait peur! Malgré un pitch aguicheur au fort potentiel ludique et d’une direction artistique soignée (notamment sur les décors), force est de constater que le film ne tient pas la route. Les personnages ne sortent jamais des archétypes (en vrac, une jeune intello coincée, un arrogant banquier, un geek à lunettes hyper intelligent, etc…) rendant incapable toute forme d’empathie. C’est d’autant plus dommage au vu du concept très claustrophobe qui, faute de personnages substantiels, n’a du coup plus grand-chose de séduisant. Au fil de l’aventure, le film semble même oublier toute la force de son idée première, sacrifiant l’efficacité des pièges et la tension narrative qui en découle sur l’autel des révélations en pagaille, toutes plus artificielles et superflues les unes que les autres. Sans pour autant faire beaucoup mieux, la saga Saw (dont le film essaye de reproduire la formule) parvenait à créer un suspense efficace – il vous faudra ici moins de quinze minutes pour comprendre qui s’en sortira indemne. Et le tout de s’achever dans un climax ubuesque et interminable qui, bien sûr, annonce avec perte et fracas toute une palanquée de suites potentielles. En fin de compte, la seule originalité d’Escape Game réside dans le fait de ne pas être produit par Blumhouse, grand spécialiste des films d’épouvante au rabais, mais par OriginalFilm (comble de l’ironie). A.R.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here