[EMÖXPLOITATION] 
Pierre Emö et des chats! Oui. Mais la crise existentielle quand même. Un homme vit, on ne sait pas ce qu’il a, ni où il va, mais on espère qu’il ira bien, puis on comprend que non et que ça ne va pas aller en s’arrangeant. Les dates s’enchaînent unes à unes, incohérentes, bien que chronologiques, comme les souvenirs de rêves dont on ne sait plus pourquoi on se rappelle. Les entrées d’un journal intime inscrites à même l’écran, uniques monologues muets du film, suffisent à structurer le récit et à rendre l’ensemble compréhensible. Ces écarts temporels seront résolus à la toute fin, lorsque les identités du narrateur se dévoileront. En attendant, les matous nous lancent des regards de sphinx au milieu de paysages crépusculaires, ces petites créatures psychopompes semblent quelques fois les seules créatures à peupler le désert. Un garçon passe, un autre. Et puis ça baise, parce qu’il faut bien faire quelque chose pour dédramatiser la vie quotidienne. On pense très fort à la joliesse des mots terribles et amoureux, de la plus honnête et insupportable façon d’aimer de Guillaume Dustan. Le mec qui souffrait depuis un bail et qui de surcroît le disait mieux que tout le monde ou presque. Aujourd’hui, rien est aussi simple et mélancolique que son titre, vous n’échapperez pas à son spleen, que vous ne tenterez de toute façon pas de fuir, car tout compte fait il est assez agréable à éprouver, parfois. G.DeD.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here