En direct du marché Saint-Pierre du fétichisme Antonionien. Ce qui devait être une paisible retraite alpine pour un couple se transforme en cauchemar éveillé.

Objet bien étrange mais très identifié. C’est un peu Mother! en mode sage et soft. Désireux d’installer un rythme singulier et des figures étranges, le réalisateur polonais Greg Zglinski évoque un épais malaise sentimental à travers une mise en scène hyper composée et entend faire ressentir au spectateur, d’une façon hypnotique, une onde de choc. Soit tout ce qui ne fonctionne plus dans un couple en proie au doute et à l’érosion amoureuse – grand sujet du cinéma fantastique s’il en est. Le climat onirique se veut dérangeant, lesté de séquences caustiques dont on ne sait finalement quoi penser (rire? confusion? embarras?).
Avançant pas à pas dans la quatrième dimension, Animals approche l’humain, ses blessures, ses fêlures et joue avec le potentiel danger qu’ils représentent façon grenade dégoupillée. Revers de la médaille: il est aussi un peu systématique, laisse partir certaines séquences à vau-l’eau et ne propose aucune plus-value par rapport à ce que l’on connait déjà. Et en ce en dépit de la présence d’acteurs fort investis, d’animaux fort symboliques (un agneau sacrifié, suivez mon regard) et fort sympathiques, à l’instar de ce chat très chaos qui parle. Empreint d’un imaginaire très germanophone, Animalsrappelle ces petits films gris et vaguement troublants que l’on pouvait voir dans les années 90 en dernière partie de soirée sur Arté. La partition n’est pas mal jouée et ce n’est pas désagréable à regarder d’autant qu’avec son aspect trompe-l’œil façon Skolimowski du moyen, Animals tente à sa façon de raviver le pouvoir de fascination du cinéma.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here