Tourné dans les rues désertes de la Principauté de Monaco en mai dernier, le nouveau film de Claude Lelouch est désormais disponible en ligne et sur Canal+. Cette fantaisie sponsorisée par Ferrari donne l’occasion à Papi Claude de réaliser une sorte de reboot de son court métrage culte C’était un Rendez-vous. Cette fois ci, Préparez-vous pour Le grand rendez-vous.

Auto moto, Turbo, l’argus, Motor 1… Tous les médias spécialisés dans l’automobile se sont improvisés critique de cinéma à l’arrivée du film. Et ils sont unanimes: c’est la cata. À la vision de ce spot/film, difficile de trop les contredire. Car le micro-scénario composé par Claude Lelouch est plutôt étrange. Premier malaise à l’arrivée du générique i-movie façon «Anniv de la petite Lulu». Celui-ci nous présente les protagonistes: Sa sérénissime Albert 2 de Monaco, le pilote sexy Charles Leclerc, la Ferrari SF90 Stradal et Rebecca la fleuriste. Eh oui, en 2020 encore, les hommes ont un prénom et un nom, mais pas Rebecca qui a seulement un prénom et une fonction: fleuriste, Très bien. Le film démarre avec elle composant un bouquet sur la place du marché. Cut. Une roulette de casino se substitue à celle d’une roue de Formule 1. Nicolas au volant de la bête de course entreprend alors de nous faire visiter le rocher.

A partir de là, le film va pendant deux minutes se montrer comparable avec son modèle d’origine: C’était un rendez-vous, son court métrage de 1976 où, pendant un peu plus de 8 minutes, l’on voit une traversée de Paris à grande vitesse, réalisée en un seul plan-séquence filmé depuis l’avant d’une voiture, au petit matin. Caméra harnachée au-devant de la voiture filant à toute berzingue. Le plan séquence est beau, fluide et la méthode toujours aussi fascinante à contempler. On aurait aimé que le réalisateur s’en contente comme à l’époque mais malheureusement non. La seconde partie arrive. Puis Albert monte faire un tour. Puis Charles Leclerc enchaine les regards caméra visiblement pas à l’aise dans son propre rôle. Puis le film devient une étrange publicité pour les gestes barrière Covid-19 avec port du masque et check de coude à gogo. Puis Rebecca, la cruche (pardon la fleuriste), réapparaît. Elle a des fleurs à offrir à Nico qui lui, préfère autre chose qu’une composition Interflora. Alors il file les bouquets à Albert et repart avec la belle dans son gros engin. Toute personne normalement constituée ne pourra feindre le malaise.

À vrai dire, passé l’état d’hébétude dans lequel vous plonge ce court métrage, vient une interrogation. Qu’a bien voulu raconter Claude Lelouch? Cela fait déjà un moment qu’il filme parce que cela lui est vital mais sans vraiment savoir pourquoi (remember l’enterrement de Johnny). Et ici, dans cette grosse macédoine promotionnelle, il finit définitivement par s’éparpiller en mille morceaux et larguer tout le monde. On imagine la gueule chez Ferrari quand ils ont reçu le film. Alors oui, Claude devient vraiment doué pour filmer tout et n’importe quoi avec son iPhone. Mais avec tout ce placement de produit, la prochaine fois, c’est Apple qui risque de produire le prochain délire de pépé. Décidément, le chaos règne très (et trop) fort cette année.

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