Depuis qu’il n’est plus Frodon dans Le seigneur des anneaux, on connaît l’appétence assez amusante d’Elijah Wood pour le cinéma de genre, de son passage chez Alex de la Iglesia (Oxford Murders en 2008) en passant par ses prestations dans Maniac, Cooties, Open Window, Grand Piano… son statut de producteur avec SpectreVision n’ayant probablement pas arrangé les choses. Le voilà donc en tête d’affiche de Come to Daddy, dont la situation de départ vaguement malaisante rappelle un certain Tusk: vieille peau chelou vs millenial, on arrive. Malgré ses quasi 40 ans au compteur, Wood en fait toujours 25, et peut se permettre d’interpréter sans problèmes ce DJ urbain qui part retrouver son père qu’il n’a pas vu… depuis ses 5 ans! Le vieux grigou s’est enfermé dans une villa improbable au beau milieu de nulle part, faisant cavaler son fiston sur un territoire sauvage aux allures de planète crépusculaire. Et les voici ensemble, hagards: lui, le hipster fragile; l’autre, le boomer squelettique (Stephan McHattie, incommodant à souhait), épave alcoolique qu’on a bien du mal à replacer dans le paysage. Les retrouvailles sont peu chaleureuses, le ton monte, et on se demande vraiment si ces deux-là ont des choses à se dire.

Mais comme on a pu le voir récemment dans l’excellent What keeps you alive, il serait idiot de vous dévoiler l’issue du récit, qui bifurque là aussi au bout d’une demi-heure… et puis encore, et encore, et encore. On peut dire, sans gâcher l’expérience, que les retrouvailles familiales virent au survival qui tâche, avec ce qu’il faut d’éclairs ultra-violence (une scène d’auto-defense/pétage de plomb devenue un passage obligé dans le genre… mais ici, d’une brutalité tout de même assez sidérante!). Le décor principal, qui ne cesse de révéler d’autres facettes insoupçonnables, réussit à donner une allure de cauchemar éveillé à une chasse à l’homme qui ne révolutionne rien (on préfère plutôt quand il verse dans une paranoïa moribonde tenant autant des Coen que de Polanski), mais aime bien se tracasser à grands coups d’humour bizarre et de failles crado. C’est guère étonnant quand on connaît le passage de Elijah Wood et du réalisateur Ant Timpson chez SpectreVision – ils ont produit The Greasy Strangler, de Jim Hosking (2016), ça laisse forcément des séquelles! On espère que son auteur Ant Timpson, déjà sur les rails d’un nouveau thriller mais cette fois avec un casting plus respectable (Adrian Brody, Vera Farmiga… on saute pas, quoi), ne se fasse pas déjà happer tout cru d’ici là (disponible en dvd zone 2)

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