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Philippe Rouyer photo PositifPHILIPPE ROUYER

(Par ordre chronologique)

Devoirs de vacances (anonyme français, 1920).
Un des films primitifs les plus trash qui nous invite à l’intérieur d’un couvent. Là, en toute simplicité et dans la plus grande confusion des genres, deux religieuses, une novice, un confesseur, un jardinier et un chien s’essayent à toutes les combinaisons.

Derrière la porte verte (Artie & Jim Mitchell, 1972)
En filmant l’acte sexuel comme un rituel mystique, les frères Mitchell ne se contentent pas de bousculer la routine d’un genre encore à ses débuts. Devant une mosaïque de partouzeurs voyeurs qui assurent la mise en abîme, Ils célèbrent l’apocalypse du hard dans un délire de filtres et d’effets de solarisation qui renvoient à l’ultime bobine de 2001 : l’odyssée de l’espace.

L’Enfer pour Miss Jones (Gerard Damiano, 1973)
Le plus chaos des classiques du porno puisqu’il se présente comme une quête du péché. Chassée du paradis, l’héroïne est renvoyée sur Terre pour connaître au moins le plaisir d’avoir croqué la pomme et, dans une scène mythique, de s’être frottée au serpent. Le finale sublime offre rien moins que la matérialisation des enfers comme lieu de la frustration permanente via une masturbation frénétique éternellement inassouvie.

Mes nuits avec… Alice, Pénélope, Arnold, Maud et Richard (Michel Barny, 1976)
Michel Barny, qui restera comme le plus cinéphile des pornographes français, a parfaitement réussi son remake de La Grande Bouffe. Raconté par ses héroïnes mortes, le récit de ces quatre copines qui se suicident par le sexe se permet toutes les audaces. Grâce à un budget confortable et au talent d’un auteur qui rejoint Tex Avery dans l’invention visuelle (la masturbation à la dynamite), avant d’oser filmer la mélancolie de l’orgasme.

Petites Filles au bordel (Francis Leroi, 1980)
À la veille de l’arrivée du porno en vidéo, Francis Leroi fait ses adieux au cinéma de papa avec un film nostalgique et rigolo, qui revisite toutes les figures du genre en osant le parallèle lupanar/film porno. La fantaisie des situations permet de conjuguer excitation et distanciation, de faire jouir Toulouse-Lautrec et de déclamer du Marquis de Sade en plein coït.

Corps de chasse (Michel Ricaud, 1982)
Une partie de chasse vire au glauque et au scato, avec viol, excréments, huile de vidange et blessures sanglantes. Le film doit son titre à la scène mythique où un chasseur enfonce un cor de chasse dans l’anus d’un transsexuel, avant d’uriner dedans. Indépassable dans la poésie de l’horreur porno.

New Wave Hookers (Gregory Dark, 1985)
La prostitution, sujet de tous les délires pour le réalisateur Gregory Dark, qui veut que le porno soit «comme un putain de carnaval, avec des situations extrêmes, grotesques». Comme par exemple, la bombe Traci Lords, encore mineure à l’époque du tournage, affublée de deux cornes de démons, entreprenant un client arborant une auréole en ferraille.

Buttman’s Ultimate Workout (John Stagliano, 1990)
Chef-d’œuvre absolu du gonzo, ce deuxième volet des aventures de Buttman, l’obsédé des culs de femme, pulvérise la distance entre l’homme à la caméra et ses modèles pour réinventer le tournage d’une scène porno. Il légitime ainsi la caméra subjective et replace le spectateur au cœur du dispositif hard en abolissant la distance de l’écran.

Les Putes de l’autoroute (Michel Ricaud, 1991)
Tenessy, une ex-Miss France, incarne une de ces amazones qui se disputent les michetons à coups de tronçonneuse sur les bords de l’autoroute. Dans son film le plus délirant, Michel Ricaud, qui a lui-même composé la chanson de hard-rock du générique, enchaîne les visions fantasmatiques comme «la femme-pneu» et «l’homme-carte de France».

La série Intimité violée par une femme (Michel Soulier, 1991 à 1997)
La hardeuse Laetitia déboule chez les particuliers pour les interviewer sur leur sexualité et filmer leurs ébats qu’elle partage parfois. Même si progressivement des professionnels se sont mêlés aux amateurs, la série a su garder la fraicheur de l’authentique. Pas de maquillage, ni de scénario, mais un témoignage sur la France profonde avec la levrette sur le tapis du salon, à côté des pots de fleur et des bouteilles de l’apéro.

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