Suite des masterclass du CEFF 2019 avec un morceau de choix: la légende vivante Christopher Walken, venue parler des quelques films (pas trop dégueux, disons-le) composant sa filmo à rallonge.

Christopher Walken est un cas limite dans l’histoire des mythes américains: on se rappelle autant de lui dans ses premiers que dans ses seconds, voire dans ses troisièmes rôles. Le meilleur ami en partance pour le Vietnam, le médium un peu bizarre, le vilain peroxydé dans un James Bond, le roi de New York, le vétéran qui monologue avec sa montre à gousset, le cavalier sans tête… Bien difficile de lui assigner un âge d’or, là où tant de monstres sacrés du Nouvel Hollywood n’ont pas pu, pour mille raisons bien distinctes, faire preuve d’une pareille constance.

De sa première carrière de dompteur de poules à 16 ans (????) au légendaire clip de Fatboy Slim Weapon of choice (2001), le Walken a tout passé en revue, à l’exception notable de sa partition dans La porte du Paradis (c’est notre seul regret). Il est même revenu sur cette seconde carrière flirtant avec les Razzie Awards initiée au début des années 2000 : “après 5 ou 6 passages dans le Saturday Night Live, on ne me proposait plus que des rôles de comédies. Et je ne suis pas sûr que ce fut une bonne chose!”.

On a enfin compris pourquoi tout le monde à l’air de sursauter tout le temps dans Dead Zone (1983): la méthode Cronenberg consistait à faire retentir des coups de feu sur le plateau, ce qui explique le rythme improbable du film… Les scripts au cordon de Tarantino, la grande mansuétude de Tony Scott, sa course-poursuite avec les flics en 1985 alors que Sean Penn époque Comme un chien enragé appuyait sur le champignon, son compagnonnage avec des gangsters in real life qui lui a permis de camper au mieux ses rôles de malfrats stoïques… 90 minutes n’étaient évidemment pas suffisantes pour absorber une carrière immense, cornaquée entre le Nouvel Hollywood et les apparitions plus récentes chez les inusables de la péloche (Eastwood, Spielberg).

En complément d’information, on vous dira aussi que le Christopher regrette de ne pas avoir tourné chez Scorsese, Pollack ou Bertolucci, qu’il a vu Plein Soleil de René Clément (1960) récemment et qu’il a trouvé ça tout à fait flippant, et qu’il aime préparer ses rôles et relire ses scenars en faisant la cuisine. Et bien qu’il soit un peu devenu acteur par hasard, le cinéma est aujourd’hui tout ce qui compte à ses yeux : “I don’t have children. I don’t have hobbies. I don’t travel a lot. I don’t do anything !”.

De la trempe des (très) grands. Merci Christopher, merci Emile pour la traduction, et merci Sophie pour cette régalade intégrale, qui valait sûrement mieux que tous les groupes de musique approximatifs croisés sur notre chemin du retour. Amen.

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