La rédaction CHAOS raconte son Festival de Cannes. JOUR 10: David Lynch ravive TWIN PEAKS, François Ozon fait Twin Pschiiit…

JOUR 10. JEUDI 25 MAI 2017
« Si le cinéma doit mourir, c’est en France qu’il poussera son dernier soupir« . OK. Quand David Lynch dit (et réalise) des choses, il ne fait rien à moitié. C’est officiel: son revival Twin Peaks est une merveille. A tous les niveaux. Fier comme un bar tabac, David Lynch a eu droit à plusieurs ovations pour son retour à Cannes, et même une interview de Eric Naulleau #tropbien.

Faut le comprendre: il n’était pas venu sur la Croisette depuis 15 ans, soit depuis la présidence du jury en 2002 où il avait palmé d’or Le pianiste de Roman Polanski (et rien donné à Irréversible de Gaspar Noé). Celui qui naguère glana la Palme d’or pour Sailor et Lula en 1990 était présent aux côtés de son Kyle MacLachlan, alias l’agent Dale Cooper. Dès les premières notes de la musique de Angelo Badalamenti, the dream comes true. L’intrigue se déroule toujours dans une bourgade aux inquiétantes étrangetés, quelque part à la frontière nord-ouest du pays, là où la brume enveloppe la forêt et ses nombreux mystères. Parmi eux, le meurtre de Laura Palmer (Sheryl Lee), que résolvait l’agent Dale Cooper après deux saisons et un film génial (mais sous-estimé) Twin Peaks: Fire walk with me, présenté en compétition en 1992 dans un chaos sublime.

Il fallait alors prêter une très grande attention à une séquence de l’ultime épisode où Palmer prévenait Cooper: « Nous nous reverrons dans 25 ans«

L’oracle avait donc parlé. Mais le retour de Twin Peaks était-il vraiment prévu? Lynch assure: « dans mon inconscient peut-être, mais certainement pas de façon consciente. Dans mon esprit, j’avais mis un point final à la série. J’ai cependant toujours confié que je ne cesserais jamais de penser à Twin Peaks, de me poser des questions sur son intrigue et d’imaginer ce qu’il pourrait bien advenir de ses personnages ».
Dès le début de cette nouvelle saison, comme un enchaînement évident des évènements passés, un dialogue déroutant, forcément, a lieu entre l’agent Cooper et Laura Palmer, dans la fameuse chambre rouge où tous les fantasmes et toutes les peurs naissent. Presque deux heures durant, on voit réapparaître des personnages connus, comme la radieuse femme à la bûche et des nouveaux venus dans l’univers lynchien comme l’inestimable Jennifer Jason Leigh. Ce qui perdure enfin, ce sont le frisson et l’émerveillement.

Et le cinéma dans tout ça? Le Festival de Cannes lui fait clairement du pied. Lynch, qui était revenu à ses premières amours de plasticien ces dernières années, en a-t-il pourtant fini avec le 7e art, comme il l’a laissé entendre dans plusieurs interviews au cours de la promotion de Twin Peaks? Eh bien, non, ces tâcherons de gratte-papiers avaient mal compris: « Mes propos ont été mal rapportés. Je n’ai pas dit que j’arrêtais le cinéma. Simplement que nul ne sait ce que réserve l’avenir« . Alléluia.

Pendant ce temps, en compétition, c’est ambiance Twin Pschiiit. Après avoir trié sur le volet les journalistes invités à ses projections de presse à Paris, le prolifique François Ozon présentait à Cannes L’amant double, huit mois à peine après la Mostra de Venise où il présentait l’affreux Frantz. C’est sa troisième sélection cannoise après Swimming Pool en 2003 et Jeune et jolie en 2013. Un thriller adapté d’un livre de Joyce Carol Oates avec Marine Vacth et Jérémie Renier dans lequel une femme tombe amoureuse de son psychothérapeute qui lui, ne lui a pas tout dit de lui. Une affaire de jumeau qui wanna be De Palma et qui confirme, une fois encore, que Ozon n’est qu’un cinéaste du bluff. Un journaliste à la sortie de la projection nous a balancé une équation mathématique fort juste: « c’est De Palma + Cronenberg x téléfilm W9 ».

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