Charles Tesson et son équipe ont annoncé ce matin les 5 longs-métrages qui auront droit à leur label 59ème édition de la Semaine de la Critique. Les films français ont là encore été copieusement servis, avec de nouveaux noms tricolores qui s’ajoutent aux (déjà bien garnies) têtes fraîches de l’Officielle.

La Nuée de Just Philippot a retenu notre attention: une mère de famille célibataire qui se met à développer un rapport obsessionnel avec… son élevage de sauterelles comestibles. Ce qui déclenche l’hostilité des paysans du coin et l’incompréhension des gamins qui ne la comprennent plus. Nous sommes donc sur un mélange entre Petit Paysan et Phase IV : le Chaos n’aime pas mettre les charrues avant les bœufs, mais le Chaos voit déjà venir la révélation. Tout ça vous dit quelque chose? Tout est dit dans notre Ultra interview à retrouver ici. Un joli projet frenchie où l’on retrouve pêle-mêle la résidence So Film de genre, Capricci, The Jokers, Arte Cinéma, Canal… Impatients, nous sommes.

Produit par Charles Gillibert et sorti par Rezo Films, De l’or pour les chiens (Anna Cazenave Cambet) colle aux basques d’Esther, une jeune femme de 18 ans vivant à Dax, qui gagne Paris à la fin de l’été pour y suivre un amour saisonnier. Elle croisera notamment sur sa route un couvent et des bonnes sœurs. Un film tourné en partie dans le décor du grand séminaire du Pouy, ce qui n’est pas si fréquent, et encore moins sur la Croisette. On y retrouve Tallulah Cassavetti (son tout premier rôle), Carole Franck, Corentin Fila, Romain Guillermic (l’homme qui porte un survet bleu dans Climax) et Julie Depardieu. Le Chaos va guetter ça avec attention, surtout avec Koudlam à la création musicale.

Ad Vitam sortira La terre des hommes, autre film français réalisé par Naël Marandin, qui surfe la aussi sur la tendance «monde paysan en péril» (attention, un Guillaume Canet avec une prothèse ratée sur la tête est vite arrivé): la fille d’un agriculteur (Diane Rouxel) souhaite reprendre l’exploitation de son père afin de lui éviter la faillite. Pour ce faire, elle va devoir faire face aux desiderata et autres fourberies des gros exploitants du coin (Olivier Gourmet, Jalil Lespert et Finnegan Oldfield complètent le cast). À la prise de vue, Noé Bach, dont vous avez pu apprécier le travail récemment sur Les Enfants d’Isadora (2019).

Alba Rohrwacher et Wajdi Mouawad se donnent la réplique dans le premier long de Chloé Mazlo (encore une Française – cocorico – proche de Nicolas Pariser et Lucie Borleteau), Sous le ciel d’Alice (Skies of Lebanon). On devrait plutôt dire franco-libanaise, puisque c’est cette contrée ensoleillée que rejoint le protagoniste principal dans les années 50, où elle s’enamoure de Joseph, un astrophysicien fantasque qui rêve d’envoyer le premier Libanais dans l’espace. La guerre civile sonnera le glas de cette romance à la fraiche… Jusqu’ici, la carrière d’Alba Rohrwacher est un sans-faute : suffisant pour éveiller en nous une grande curiosità comme disent les Macaroni.

After Love du britannique Aleem Khan, drame qui parle qui parle quatre langues (anglais, français, arabe et ourdou) raconte l’histoire d’une veuve qui découvre le secret de son ex-mari défunt entre Douvres et Calais. Joanna Scanlan et Nathalie Richard figurent au casting de ce long produit par Matthieu de Braconier et Gabrielle Dumon (deux noms qui ne font pas très british)…

Côté court, attention particulière sera donnée à Dustin de Naïla Guiguet et à Marlon Brando de Vincent Tilanus. Le premier se passe dans un hangar désaffecté, avec une foule communiant sous un 145 BPM de musique techno. Dustin Muchuvitz, icône gender fluid des nuits parisiennes, s’y bouge le popotin avec ses amis Raya Martigny et Félix Maritaud (Alexis Langlois ne doit pas être bien loin). Au fil de la nuit, une douce mélancolie remplace l’hystérie des débuts…  Claire Mathon à la photo pour un court qui est déjà, rien que sur le papier, un petit événement. Marlon Brando est un teen-movie hollandais avec des acteurs hollandais qu’on ne connait pas (Tijn Winters et Jetske Lieber) : on l’a choisi uniquement pour rendre hommage à Verhoeven, le grand absent de cette édition (deuxième fois de suite qu’on dit ça).

Les longs-métrages

After Love, d’Aleem Khan
De l’or pour les chiens, d’Anna Cazenave Cambet
La Nuée, de Just Philippot
Sous le ciel d’Alice, de Chloé Mazlo
La Terre des hommes, de Naël Marandin

Les courts

August 22, This Year, de Graham Foy
Axşama doğru (Towards Evening), de Teymur Hajiyev
Dustin, de Naïla Guiguet
Forastera, de Lucía Aleñar Iglesias
Good Thanks, You?, de Molly Manning Walker
とてつもなく大きな (Humongous!), d’Aya Kawazoe
Maalbeek, d’Ismaël Joffroy Chandoutis
Marlon Brando, de Vincent Tilanus
Menarca, de Lillah Halla
White Goldfish, de Jan Roosens et Raf Roosens

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