Le Chaos enquête avant l’annonce de la sélection de Cannes 2019 et se demande si Chloe Zhao a ses chances sur la Croisette.

PAR GAUTIER ROOS

Cela fait maintenant deux semaines que la rumeur s’enflamme autour du nouveau Chloé Zhao, qui vient tout juste de mettre en boîte la fable politique qu’il manquait jusqu’ici dans notre panier à pronostics. Si l’on trouve dans notre liste des zombies, des films de guerre, des romances en costumes, des comédies rétro et des space opera pas finis à temps, cette relecture des Raisins de la colère devrait combler la béance du “film qui résonne avec l’Amérique de Trump”. Forcément, sa promotion en sélection officielle gagne en probabilité…

Le film est une adaptation libre de Nomadland, article de Jessica Bruder paru dans le Harper’s Magazine en 2014 et transformé en phénomène de librairie depuis. La journaliste y suit les déshérités qui sillonnent les Etats-Unis en camping-car, une classe plutôt éduquée dégradée par la crise de 2008, à qui s’offre un bien drôle de “choix” : une retraite miséreuse forcée, ou une reconversion dans des petits boulots ingrats (Bruder a même poussé le vice jusqu’aux entrepôts d’Amazon pour les besoins du livre). On est bien quelque part entre American Honey d’Andrea Arnold (Prix du Jury en 2016) et The Florida Project de Sean Baker (Quinzaine 2017), avec un petit zeste du We Blew It de JB Thoret. On achète!

N’oublions pas ce détail important: pour arpenter l’Ouest Américain, qui d’autre que l’oscarisée Frances McDormand? Sans ses trois panneaux, elle croisera à bord de sa camionnette de vrais travailleurs itinérants (Linda May et Charlene Swankie). David Strathairn sera également du voyage. Ça sentirait pas la standing ovation de 14 minutes tout ça ?

Pourquoi ça sent bon : Il a suffi de deux longs à Chloé Zhao (Les Chansons que mes frères m’ont apprises, The Rider) pour charmer La Quinzaine (x2), Sundance et Deauville. La logique voudrait qu’elle soit propulsée une marche plus haute.

Pourquoi ça pourrait coincer : Malgré les délais de livraison plus qu’incertains du film, notre flair nous dit que c’est celui-ci que le père Frémaux enverra à peine finalisé dans son Grand Théâtre. Est-ce brûler les étapes que de parler déjà de palmarès, et d’un Iñárritu “littéralement soufflé” par ce qu’il vient de voir ?

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