Notre journaliste Gautier Roos résume au nom du Chaos cette 72e édition. 17 choses à retenir (ou pas) de ces 10 jours de folaïe.

Le palmarès
Palme rĂ©cente a-t-elle dĂ©jĂ  mis autant de monde d’accord? On ne fera guère preuve d’originalitĂ© lĂ -dessus: on est ravis pour le Bong – autant pour ce film gĂ©nial que pour cette carrière souveraine – et comblĂ©s par le travail minutieux de The Jokers, judicieusement rĂ©compensĂ©. En revanche, va falloir que le festival arrĂŞte de confondre Prix du scĂ©nario et lot de consolation: CĂ©line Sciamma mĂ©ritait mieux, et un rapide coup d’œil sur les anciens rĂ©cipiendaires montre que ce prix n’a ni queue ni tĂŞte (Heureux comme Lazzaro, A Beautiful Day, Chronic, A Touch of Sin…).

Les pleurs des stars
Grosse pensĂ©e Ă  nos cĂ©lĂ©britĂ©s toutes retournĂ©es au sortir des sĂ©ances officielles: on pense Ă  la Cotillard (vĂŞtue comme un sac Ă  patates) dĂ©contenancĂ©e après le Dolan, aux lunettes noires de Laure Adler qui ont elles aussi pleurĂ© devant l’essai filmĂ© d’Alain Cavalier (Etre vivant et le savoir), Ă  Claire Denis toute imbibĂ©e après La Vie invisible d’Euridice GusmĂŁo… Une pensĂ©e aussi pour Michel Ciment, croisĂ© aux ouatères après une sĂ©ance bien matinale du Kechiche: ses yeux tout humectĂ©s ne nous permettent pas de dire s’il a pris son pied ou vĂ©cu l’enfer sur Terre…

La salle vide pour Frankie
Curieusement, nous n’Ă©tions qu’une petite centaine Ă  assister au Zaza movie de l’annĂ©e, pour cette sĂ©ance presse programmĂ©e Ă  22h, sĂ»rement en face d’immanquables soirĂ©es: sympa de pouvoir pour une fois dĂ©baller son McDo en s’aidant du siège voisin…

Les soirées
PrivĂ©e cette annĂ©e de la Villa Schweppes, notre team craignait de devoir harceler rĂ©pertoires et attachĂ©s de presse pour obtenir ces fichus cartons. Sans trop de difficultĂ©s, nous avons rĂ©ussi Ă  entrer partout oĂą nous souhaitions nous encanailler (raison pour laquelle nous avons fait le choix de snober le rooftop d’Albane): merci au carnet d’adresses de ValĂ©rie… Rien de très extravagant Ă  relever: la gĂ©niale Jeanne Added Ă©tait dans tous les bons coups, et Jump Around reste la chanson la plus jouĂ©e de l’histoire des plages cannoises depuis 1987.

Le Thierry Frémaux de 2019
Le Thierry FrĂ©maux nouveau est arrivĂ©. Ă€ plusieurs ouvertures de sĂ©ance, le dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral est revenu sur l’importance de la paritĂ© (films sĂ©lectionnĂ©s, prĂ©sences fĂ©minines au jury, staff du festival…). Quelle mouche l’a soudain piquĂ©? OĂą est le Thierry sourd aux revendications du monde qui ne s’intĂ©ressait “qu’Ă  la qualitĂ© des films” et envoyait les enquiquineurs bouler? Manquerait plus qu’il rĂ©ponde aux questions des journalistes en confĂ©rence de presse l’an prochain…

Le manque de sommeil dès le premier jour
On ne sait pas trop comment l’expliquer, mais nombre de festivaliers nous ont dit avoir commencĂ© la quinzaine par une envie chronique de pioncer. Peut-on vraiment tout imputer Ă  une mĂ©tĂ©o capricieuse? En ce qui nous concerne, nous avons mĂŞme Ă©tabli un nouveau record: premiers yeux fermĂ©s le 14 mai devant le Jarmusch (c’Ă©tait Ă  Paris, au Grand Action, avant notre dĂ©part le lendemain Ă  6h12). Le ton Ă©tait donnĂ©.

La promotion de la Cité de la peur partout dans la ville
Ça avait tout d’une campagne Ă©lectorale. Pour les 25 ans du film, la mairie de Cannes a tapissĂ© ses murs aux couleurs de la CitĂ© de la peur, donnant des sueurs froides aux agences de com’ les plus disruptives du pays: en tĂ©moigne ce machin en carton, qui consiste tout simplement Ă  glisser sa tĂŞte dans un cadre noir pour y prendre une photo.

L’erreur impardonnable de la Quinzaine
Nous ne sommes pas les seuls Ă  avoir fait l’expĂ©rience d’un congĂ©diement Ă  la Quinzaine: on a croisĂ© des badges bleus ayant sagement patientĂ© deux heures au Zlotowski pour finalement se faire refouler. La presse n’Ă©tait clairement pas la bienvenue au Théâtre Croisette, pris d’assaut par les badges CinĂ©philes et les groupies bubonneux de Zahia et Robert Pattinson. Dommage, car le peu de films qu’on y a vus Ă©taient chouettes. FaĂ®tes quelque chose pour l’annĂ©e prochaine, cher Paolo.

Notre rencontre avec Alain Delon
Pas pu adresser un mot Ă  ce monstre sacrĂ© (nous avions un kebab Ă  aller rĂ©cupĂ©rer), mais l’homme a quand mĂŞme posĂ© devant notre camĂ©ra, alors que des centaines de retraitĂ©es nous Ă©crasaient le pied pour obtenir un autographe. On est comme elles: on t’aime Alain.

La cĂ©rĂ©monie d’ouverture gĂŞnante
MĂŞme Edouard Baer, si irrĂ©prochable d’habitude, avait l’air dans les choux. Après une heure de red carpet Laurent Weil, on a cru Ă  une mauvaise copie des CĂ©sars: va falloir relever le niveau l’an prochain…

La file d’attente interminable pour le Tarantino
Ayant senti le coup foireux, on a prĂ©fĂ©rĂ© rattraper le film le plus attendu de cette Ă©dition le lendemain Ă  midi au Grand Théâtre Lumière, oĂą on a attendu seulement 20 minutes. Nos pensĂ©es vont aux recalĂ©s du Debussy, qui ont pour certains vĂ©cu une journĂ©e tout Ă  fait merdique, puisque le Bong Joon Ho du mĂŞme jour affichait lui aussi complet…

Michel Merkt au générique
Le nom du producteur de l’ombre Ă©tait visible sur Ă  peu près 50 % des films visionnĂ©s ici, toutes sĂ©lections confondues: il avait une dette de poker Ă  Ă©ponger, Thierry FrĂ©maux ?

Des guests de très très haut niveau
On aime aussi Cannes pour son folklore un peu ridicule, et sa tournĂ©e des humoristes venus assurer la promo d’on ne sait quelle comĂ©die bien grasse Ă  plus de 20 millions. On a croisĂ© un Franck Dubosc tout dĂ©contractĂ© posant gentiment avec des locaux, un Gad Elmaleh qui faisait le show dans le hall du Majestic, un Tex qui rigolait tel un enfant de 5 ans un matin boulevard de la Croisette (tout sourire, il avait l’air d’avoir fait une grosse bĂŞtise). Et surtout, surtout, cher lecteurs: un StĂ©phane Guillon couleur orange (son teint, pas son badge) venu assister comme nous au porno chaos d’Albert Serra. Qui dit mieux ?

La pluie
Si Claude Lelouch en a d’abord fait les frais, on doit dire qu’elle nous a nous aussi bien emmerdĂ©s: le numĂ©ro du jour du Film Français n’Ă©tait vraiment pas suffisant pour nous protĂ©ger lors de ce premier week-end, oĂą nous avions eu la mauvaise idĂ©e de sortir notre plus beau costume…

Xavier Dolan everywhere
Si l’an dernier nous croisions Joachim Trier et son acolyte Trapenard Ă  chaque coin de rue, c’est cette annĂ©e le Xavier qui nous a collĂ©s aux basques: sĂ©ances Un Certain Regard, rooftop du Five Seas, couloirs exigus du Palais… Ă€ croire que Cannes lui avait manquĂ©. La silhouette est inversement proportionnelle Ă  sa rĂ©putation: il a une tĂŞte bien trop petite par rapport au reste de son corps.

La presse gratuite dispo au Palais
L’absence de Technikart Super Cannes a clairement Ă©tĂ© un manque cette annĂ©e. On s’est rabattu sur le Vanity Fair de Michel Denisot, mais qu’on se le dise: on prĂ©fère nettement les tĂŞtes mal dĂ©tourĂ©es aux photoshoots guindĂ©s sur la terrasse du Gray.

La mère Denis qui attrape le gratin par le col
Son “Oh silence!” exaspĂ©rĂ© lors de la cĂ©rĂ©monie de clĂ´ture restera comme l’un des plus beaux doigts d’honneur adressĂ©s Ă  la profession. Les nĹ“uds pape Ă  rĂ©glette velours et les robe Ă  sequins en tremblent encore. Une conclusion chaos de très (très) haute volĂ©e: merci Clairou <3<3<3

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