[BOHEMIAN RHAPSODY] OH MAMA MIA, MAMA MIA…

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Seule originalit√© de ce biopic bien convenu : pour une fois, la bande-annonce a l’air bien mieux que le film lui-m√™me.

PAR GAUTIER ROOS

Au d√©but, tout va bien pour Freddie et sa bande, puis tout se casse la figure dans le 2e acte (drogue, isolement, managers v√©reux souhaitant la dislocation du groupe‚Ķ). Et finalement, tout va re-bien pour nos amis enfin rabiboch√©s, partis pour un dernier baroud d’honneur au fameux Live Aid du 13 juillet 1985.

C’est √† peu pr√®s ce qu’il faut retenir de ce biopic carr√© comme tout, qui p√©trit grosso modo tous les √©cueils du genre, tout en ne ressemblant √† rien d’autre : une catastrophe pas tr√®s naturelle trimbal√©e entre Bryan Singer et Dexter Fletcher, qu’on oubliera probablement tr√®s vite, √† moins que la trogne T√™tes √† claques de Rami Malek nous vienne √† l’esprit d√®s qu’un ami se d√©cide √† passer du Queen en soir√©e.

Les trente premi√®res minutes ne sont pourtant pas si cataclysmiques. Malgr√© quelques ficelles aberrantes (cf. le “Si tu sortais moins, tu pourrais te consacrer √† tes √©tudes” de l’aust√®re papa au d√ģner, qui contraste, comme c’est subtil, avec les yeux remplis de bienveillance de maman), le film avance sans r√©elle emb√Ľche, pr√©sentant bri√®vement ce que l’on connait moins, √† savoir la formation du groupe, et un Freddie 100% straight. On se demande malgr√© tout comment a pu na√ģtre un sc√©nario o√Ļ tout progresse dans le meilleur des mondes possibles, chaque obstacle narratif √©tant √©vacu√© en √† peu pr√®s 12 secondes chrono, mais tant pis : disons (pour √™tre sympa) qu’on se laisse gagner par le bon syst√®me son de la salle.

Arrive ensuite tout ce qu’un rapide coup d’oeil sur une fiche Wikip√©dia du groupe peut laisser entrevoir : les portes du succ√®s, les headlines du Time, les chats √† la maison, la m√©galomanie, la coke, mais aussi les ann√©es MTV, les zann√©es SIDA, et les cartons de fin fa√ßon “que sont-ils devenus ?”‚Ķ Vous n’y couperez pas. Le tout ponctu√© par des sc√®nes de r√©p√®tes ou de concerts grandiloquentes, histoire de donner un petit peu de rythme √† cet absurde m√©lange. On se d√©sole de constater √† quel point le film suit la trajectoire la plus convenue qu’on ait pu imaginer, √† quel point il refuse d’exploiter ne serait-ce qu’un seul angle mort (= une facette du groupe que le profane ne connaitrait pas). Le pudding conventionnel √©tant √©videmment empaquet√© dans un bon go√Ľt absolument sid√©rant pour un groupe aussi hors des clous.

On parle quand m√™me d’un film qui ose r√©p√©ter ce type de sch√©ma √† sati√©t√© :

1. Tout ce petit monde s’embrouille au studio

2. Untel se met à claquer du pied

3. La communion est retrouvée

4. We Will rock U est née.

On vous laissera libre de juger cette ultime sc√®ne du Live Aid donc, √©tablie dans la vraie vie comme la meilleure performance de l’histoire du rock : si la presse anglo-saxonne semble consid√©rer qu’elle sauve le film du naufrage, on dira poliment qu’on avait rarement vu un truc aussi laid sur un √©cran de cin√©ma. Et de v√©rifier l’adage selon lequel un film est bon quand ses figurants le sont aussi : d√ģtes-nous si, parmi cette masse de 72 000 auditeurs reconstitu√©e avec une CGI agressive, une seule paire d’yeux (et d’oreilles) vous parait sinc√®re ?

Bohemian Rhapsody de Bryan Singer / Date de sortie: 31 octobre 2018 (2h 15min)/ Avec Rami Malek, Lucy Boynton, Aaron McCusker…

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