[BIG MOUTH SAISON 2] Freud meets South Park

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Début octobre, la série prodige autour de la sexualité des adolescents de Nick Kroll, Mark Levin et Andrew Goldberg faisait son grand retour sur Netflix pour une deuxième saison. Celle de la maturité? La réponse est fort heureusement négative.

PAR MORGAN BIZET

Big Mouth reprend là où elle nous avait laissé. L’improbable couple Jay et Jessi sont en fugue, Andrew continue à muer de manière toujours aussi précoce, tandis qu’à l’inverse Nick reste ce petit gringalet pré-pubère aux deux poils pubiens. Toutefois les scénaristes coupent court à l’envolée romanesque que laissait présager la fin de la première saison en faisant rentrer tout ce petit monde au bercail et repartir sur des bases similaires : une peinture loufoque et sans tabou des changements vécus à l’adolescence.

Passé la fraicheur et la surprise de la saison 1, Big Mouth devait trouver un nouveau souffle. Plutôt qu’une révolution, les créateurs ont opté pour une évolution tranquille, non sans quelques réjouissantes nouveautés. Tel le personnage de Gina Alvarez, première fille de l’école à avoir des seins, attisant forcément jalousie chez les unes et désirs primaires chez les autres. Ou encore le génial «sorcier de la honte» au look de Marilyn Manson croisé avec le Professeur Rogue, antagoniste moral et déprimant de Maurice, le monstre hormonal d’Andrew. Après avoir fait connaissance avec leur «ça» dans la saison 1, apparaît leur «surmoi» dans cette saison 2.

Ce dernier est d’ailleurs au cœur de l’intrigue principale de cette deuxième saison. Après avoir contaminé Andrew, le plus pervers des ados, il va peu à peu hanter et désintégrer les fantasmes lubriques de tous les gamins de Big Mouth jusqu’à un double épisode final d’anthologie lors d’une sleepover dans l’enceinte du gymnase scolaire. Alors que le «sorcier de la honte» pense prendre le contrôle de la soirée, il doit finalement abdiquer face à l’innocence détraquée de Coach Steve, sur qui la honte ne semble justement pas avoir d’emprise. La sleepover se transforme alors en gigantesque festival des pulsions, soit la représentation la plus saisissante qu’à pu offrir la série sur ce bazar émotionnel qu’est l’esprit d’un adolescent.

Big Mouth pourrait en finir là, mais on a hâte d’en savoir plus sur le devenir de Nick, qui connait sa première éjaculation dans son lit lors de l’ultime scène de la saison 2, là où tout avait commencé dans le lit d’à côté avec Andrew. On connaît d’ailleurs enfin son nouveau « hormone monster », ou plutôt « monstress » puisqu’il s’agit de Connie, déjà partenaire de Jessi et Missy. Ce duo risque de faire des ravages dans la saison 3. De même pour l’inénarrable Coach Steve, 40 ans mais plus du tout puceau grâce à la mère de Jay. Jay, justement, a ouvert ses orientations sexuelles, après les oreillers, les tapis de bains et les filles, le voilà en plein émoi amoureux avec Matthew, le gai sarcastique de l’école. En faisant une telle liste, on se rend d’ailleurs compte plus que la grande force de cette saison 2 est peut-être à chercher dans ses personnages secondaires qui, d’avantage que des side-kick, deviennent de véritable moteurs de Big Mouth, avec des épisodes qui leur sont carrément dédiés. Vivement la saison 3 !

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