Les réalisateurs Cary Murnion et Jonathan Milott décrivent leur sanglant troisième long métrage comme une version ultra-violente de Maman j’ai raté l’avion: du home invasion à hauteur d’ado vnr de 13 ans. Pourquoi pas?

Rebecca, dit Becky, 13 ans (Lulu Wilson, vue dans la série The Haunting of Hill House) a perdu sa mère, fauchée par un cancer, et se révèle en conflit avec un père pleutre. Lors d’un séjour dans leur maison de campagne avec sa nouvelle belle-mère et l’enfant d’icelle, des évadés de prison prennent la famille en otage. C’est le début d’un affrontement entre Becky et ces intrus, les criminels étant loin de se douter que la jeune adolescente en quête de catharsis pourrait renverser le rapport de force et faire d’eux ses proies. De quoi passer au hachoir le cliché de l’âge tendre et innocent. Aux commandes de ce home invasion, où la violence intérieure de l’ado trouve une étrange correspondance avec la violence physique des taulards, et qui aimerait se situer quelque part entre Maman, j’ai raté l’avion (Chris Columbus, 90) et La dernière maison sur la gauche (Wes Craven, 72) pour le plus grand bonheur des publicitaires, se trouvent les réalisateurs Cary Murnion et Jonathan Milott, à qui l’on doit Cooties en 2014 et Bushwick en 2017, deux films qui ne nous ont jamais empêché de dormir (même debout).

Murnion & Milott font partie de ces cinéastes qui, lorsqu’ils ont trouvé une idée, sont persuadés d’avoir trouvé l’idée du siècle: en l’occurence, comment une ado se mesure à des monstres et n’a pas peur de cette monstruosité. Breillat montrait ça magnifiquement à la fin de son A ma soeur! mais là n’est pas le propos ni même le lieu: nous sommes dans la pure série B gore, dont on connait à l’avance tous les effets, même les plus tarabiscotés. On sort un peu de cette torpeur programmatique grâce à la perf du comédien Kevin James en néonazi terrifiant avec panoplie afférente (barbe, croix gammée tatouée sur crâne rasé…). Mais quand ce genre de contre-emploi ostentatoire s’avère ce qu’il y a de plus original à se mettre sous la dent, c’est le hic; la faiblesse d’écriture (raccourcis, invraisemblances…), d’origine péché véniel de ce genre de prods, est, elle, moins surprenante, caractérisant déjà les précédents travaux du duo, dont on ne sait au bout de trois expertises ce qui les motive réellement derrière une caméra…

Becky est disponible en Blu-ray chez Seven7

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