MORGAN BIZET: Basket Case (Frank Henenlotter, 1981)
Légende du cinéma underground new-yorkais des eighties, Frank Henenlotter a commencé sa carrière de cinéaste en 1982 avec Basket Case – connu aussi sous le titre français de Frère de sang. On y suit Duane, campagnard fraichement débarqué dans la Big Apple, et surtout son frère siamois, Belial, au physique monstrueux, reposant dans un panier en osier. Le film raconte la vengeance de Belial, désireux de s’en prendre aux médecins qui l’ont séparé de son frère contre son gré, à l’âge de 12 ans. Film d’horreur fauché, généreusement artisanal et teinté de comédie, Basket Case est une merveille trash qui vaut autant pour son amour transi pour le gore que pour son réalisme brut, quasi-documentaire, dépeignant la ville de New-York sous un regard neuf et peu reluisant – dans la lignée de ses contemporains, Maniac de William Lustig et L’Ange de la vengeance d’Abel Ferrara. Une vraie pépite des “midnight movies” qui aura le droit dans les nineties à deux suites de bonne factures, allant toujours plus loin dans le mauvais goût et l’inventivité (disponible sur Mubi)

GUILLAUME CAMMARATA: La Maison des sévices (Takashi Miike, 2006)
Le segment le plus fou et le plus radical de l’anthologie horrifique Masters of Horror. Dans un coin reculé du Japon au XIXe siècle, un journaliste américain (Billy Drago, en totale roue libre) se voit raconter une terrible histoire par une prostituée difforme. Le film va ensuite s’articuler autour d’une séquence de torture insoutenable qui a du faire salement regretter aux producteurs la carte blanche accordée à Takashi Miike. Imprint de son vrai nom sera par la suite interdit de diffusion à la télévision mais gagnera en contrepartie le statut d’épisode culte et jusqu’au-boutiste (disponible en DVD)

GERARD DELORME: Anaconda (Luis Losa, 1997)
Sous l’apparence d’un film d’aventures en Amazonie se cache une métaphore de la guerre des sexes qui voit s’affronter Jon Voight et Jennifer Lopez. Le premier, tel un Capitaine Achab de la jungle, est obsédé par la capture d’un serpent géant dont la possession lui assurerait une réputation de puissance indéfectible. En attendant, il croit devoir manifester sa masculinité en brandissant son énorme couteau dont il se sert pour transpercer du poisson. Sur le point de toucher au but, il se fait avaler par le serpent qui pénètre une cheminée d’usine avant de s’effondrer. C’est la débandade qui consacre la victoire de Jennifer Lopez dans ce monument de symbolisme primitif (disponible en Blu-ray et DVD)

ROMAIN LE VERN: Exotica (Atom Egoyan, 1994)
Chaque soir, dans la moiteur d’un club de strip-tease, un homme brisé regarde une lolita danser sur Everybody Knows, de Leonard Cohen. Des plantes tropicales qui avalent l’espace au comportement des gens, l’exotisme jalonne chaque plan. Du cinéma morcelé et troublant comme on n’en fait hélas plus beaucoup: il faut (re)voir ce puzzle sur la manipulation, le deuil, le voyeurisme et le cinéma. La fin est comme la dernière pièce d’un puzzle qui éclaire l’ensemble du tableau (disponible sur Arte replay)

JEREMIE MARCHETTI: Coup de Torchon (Bertrand Tavernier, 1981)
La promo du Seul contre tous de Gaspar Noe scandait “La France a les films qu’elle mérite“. Même topo pour ce qui constitue indéniablement le film le plus acide de Tavernier, qui explore sans concession le passé colonial de notre douce France. Crasse d’hier qui tâche encore aujourd’hui. Ni donneur de leçon, ni esthète misérabiliste, Tavernier observe ses french fourmis qui crament sous le soleil du Sénégal et se vautrent dans les pires bassesses imaginables. Noiret génial en ange exterminateur, Audran méchaaaante, Marielle onctueux dans un double rôle, Huppert croustillante en nymphette (“oh j’ai joui!“). C’est à la fois irrésistible et atroce (disponible en dvd chez Studio Canal & sur Netflix)

GAUTIER ROOS: Slaughterhouse, l’Abattoir de l’angoisse (Rick Roessler, 1987)
On ne vous fera pas croire que c’est du niveau de Massacre à la tronçonneuse (let’s be honest), mais cet Abattoir de l’angoisse fait partie des rares films à restituer la poisseur moite du bijou de Tobe Hooper. Dans le rôle de Leatherface, un blondinet à marcel moulant de 180 kilos qui pourrait avoir un visage d’ange mais qui, à force de ne dialoguer qu’avec ses bêtes, a accumulé un certain retard intellectuel. Il sera lui aussi encouragé par sa famille à commettre de menus dépeçages humains, très grindhouse dans l’esprit. On ne comprend pas trop pourquoi il se met à grouiner quand il tue, mais on trouve ça très fun au demeurant! (disponible en en DVD et Blu-ray chez Vinegar Syndrome)

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