“Anna”, série dystopique sur un monde sans adultes, décimés par un virus

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À quoi ressemblerait un monde sans adultes, décimés par un virus mortel? Réponse de l’écrivain italien Niccolo Ammaniti avec la série Anna, inspirée de son livre éponyme et diffusée dès le 10 septembre sur Arte.fr.

Près de trois ans après Il miracolo, qui imaginait une Italie bouleversée par une madone en plastique pleurant des larmes de sang, l’écrivain Niccolo Ammaniti revient avec une nouvelle série dystopique qu’il a cette fois lui-même réalisée sur la base de son roman Anna publié en 2015. La série en six épisodes – une adaptation “très libre” de l’ouvrage, selon le romancier – s’ouvre en Sicile où une fille de 12 ans et son petit frère, environ 6 ans, vivent seuls comme tous les autres enfants depuis qu’un virus a rayé de la carte tous les adultes quatre ans auparavant. Mais leur vie en autarcie bascule le jour où le frère est enlevé. La fille se lance alors à sa recherche dans une Sicile ravagée et peuplée d’enfants et ados ensauvagés. Une métaphore? Exactement. “Le virus était un expédient pour raconter ce qui se passe lorsque l’on laisse seuls nos enfants, sans culture”, souligne Niccolo Ammaniti, dont les best-sellers sombres et chaotiques ont souvent eu des enfants et adolescents pour protagonistes (on se souvient, non sans émotion, de l’adaptation que Gabriele Salvatores a fait – le beau L’été où j’ai grandi, en 2003, adapté de son roman Je n’ai pas peur). “Je ne crois pas à l’idée que les enfants livrés à eux-mêmes soient innocents, ils peuvent exprimer le pire de notre société”, poursuit l’auteur qui explique avoir voulu aussi raconter “l’espoir d’une enfant qui a quelque chose en plus”. “La loi du plus fort” prévaut dans son monde et “elle est différente, elle cultive la mémoire, la connaissance, la lecture” sans lesquelles “il n’y a pas de futur”, expose Ammaniti, dont les inspirations pour la série ont été multiples, du tableau Jeux d’enfants du peintre flamand Brueghel au film Apocalypto de Mel Gibson. Mais “quand la nouvelle d’un virus, qui ne semblait toucher que les adultes, est arrivée, j’étais éberlué et perplexe”, se souvient l’auteur, qui s’est vu prêter des “pouvoirs divinatoires” lorsque l’épidémie de Covid-19 a téléscopé en 2020 sa fiction, interrompant son tournage six mois après son démarrage. Passé la sidération du confinement, l’auteur-réalisateur met à profit la période pour monter une partie des scènes tournées, identifie celles dont il n’est pas satisfait pour les tourner à nouveau et maintient le lien avec son équipe de jeunes comédiens. La série est visible sur Arte.tv à partir du jeudi 9 septembre, en cliquant sur ce lien.

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