[AMERICAN HORROR STORY] Que vaut la saison 10?

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Au nom du Chaos, on a regardé la nouvelle saison de American Horror Story, la série horrifique de Ryan Murphy et Brad Falchuk, où deux mondes s’entrechoquent: celui des aliens apparus dans la vallée de la mort et celui de créatures surgies des profondeurs de l’eau.

Repoussée par Miss Rona, la dixième saison de American Horror Story se devait de fêter autant sa dixième année que rattraper son tragique retard (et aussi la médiocrité de AHS: 1984…). On se souvient de la tentative de la saison mystère pour la sixième année, avec une promo sans queue ni tête qui avait débouché sur Roanoke, opus en trompe l’oeil qui dissimulait deux parties distinctes. Rebelote cette fois avec un double-feature avoué après un long suspens, bien que l’attente est générée quelques sérieuses fausses pistes (les humanoïdes aux dents pointues baignant dans l’océan se sont avérés ne pas être… des sirènes!): Red Tide, qui occupe alors 6 épisodes, puis Death Valley pour les quatre restants. Encore une confirmation de la gourmandise maladive de Ryan Murphy, qui génère des idées stimulantes à la pelle mais à plus de peine à les gérer sur petit écran: voir le tout récent American Horror Stories, spin-off mollasson de la série d’origine.

Si 1984 avait déçu par son absence de vedette, Red Tide décide de ramener les déçus en un tour de main: Lily Rabe n’est plus cantonnée à un simple cameo, et l’on retrouve Sarah Paulson (annonçant sa dernière participation à la série), Frances Conroy, Evan Peters, Denis O’Hare et même un certain Macaulay Culkin, en clodo/toxico/scénariste déchu, et qui, on l’espère, est sur le chemin d’un joli come-back. Tout ce beau monde se réunit à Provincetown, un village côtier en pleine saison morte, où un scribouillard à la manque et une décoratrice d’intérieur viennent puiser leur inspiration en compagnie de leur fille musicienne. Grouillant de junkies aux allures de nosferatu mal dégrossis, le patelin est devenue la ville test d’un groupuscule d’artistes distribuant à ceux qui le veulent bien des pilules miracles, décuplant le talent… chez ceux qui en possèdent! Mais en échange, il faudra se nourrir de sang…

Après Hotel, Red Tide se réapproprie le mythe du vampire dans un cadre faussement Lovecraftien/Kingien, délaissant le folklore habituel pour laisser exploser une méchanceté odieusement camp, histoire de revenir sainement aux bases acérées de la série. Tout le monde s’amuse et se massacre comme au bon vieux temps, le tout arrosé d’un laïus pas bien finaud mais bien retors sur le petit monde Hollywoodien et son industrie en perte d’imagination. Dialogues hilarants, personnages à la fois grotesques et touchants (Paulson en épave glaireuse, Rabe en décoratrice gaslightée et Conroy en Barbara Cartland sanguinaire s’offrent des performances démentielles) et gore à gogo: soudain, AHS revit, et nous avec. On aurait pu se passer, rassasiés, de Death Valley, qui change son braquet pour toucher à l’autre grand marotte de la série: réécrire l’histoire américaine.

Se balançant entre des vignettes 50’s en noir et blanc et des passages actuels à la limite de la parodie, Death Valley engloutit toute l’imagerie de la guerre froide hantée par des silhouettes de soucoupes volantes, de récits d’abductions et de pactes présidentiels douteux. On y voit Eisenhower et son épouse dévouée tenter de trouver un terrain d’entente avec des aliens exploseurs de têtes, cherchant à se développer à tout prix sur notre belle planète bleue. Nixon, Marilyn Monroe, John F. Kennedy, Neil Armstrong, Amelia Earhart… Les grandes figures du pays de l’Oncle Sam sont convoquées pour remodeler la période la plus agitée des States. Assez classe, friand de body horror et brillamment exécuté (même si on aurait pu se passer Craig Sheffer, dont le jeu tout en mâchoire demande un certain seuil de tolérance), le résultat ravira probablement les passionnés de théories du complot et de petits bonhommes verts, et beaucoup moins les autres… dont votre serviteur. Bon allez, on laisse passer. J.M.

Intitulée Double Feature, la saison est disponible sur myCANAL.

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