En attendant la saison 10 d’American Horror Story (American Horror Story: Double Feature), une gourmandise d’été: American Horror Stories, la série anthologique toujours proposée par Ryan Murphy et Brad Falchuk, spin-off de American Horror Story. Plus méta tu crèves.

On ne vous fera pas le coup de «alors que revoilà la sous-préfète» en parlant de Ryan Murphy (trop tard)… Sauf qu’il force un peu le bougre. Un mois avant la dixième saison de American Horror Story (annoncée comme une saison 2 en 1… cherchez-pas-à-comprendre), voilà qu’on nous balance American Horror Stories, spin-off dont le concept se veut simple et assez attrayant: des histoires indépendantes, comme au bon vieux temps des Contes de la crypte et de La quatrième dimension, mais liées d’une manière ou d’une autre à la mythologie AHS. Au point où on en est… pourquoi pas.

Budget moindre oblige (en tout cas, on le devine), il ne faudra pas s’attendre à retrouver les grosses vedettes du show, hormis quelques guests par ci par là (Dylan McDermott, Billie Lourd, Cody Fern, Jamie Brewer… et puis, c’est tout en fait). Sur sept épisodes, le résultat est plutôt tiède. L’entrée en matière, un double épisode revenant dans la Murder House, où une jeune adolescente va y explorer une sexualité des plus borderline, peine à dissimuler les carences dans le tiroir caisse. On ne ressort prudemment que quelques fantômes de la saison originelle pour en créer d’autres à la pelle et l’atmosphère lugubre semble sérieusement diluée, tout cela pour aboutir à une extension vaguement divertissante mais bâclée de la série. Les autres opus, eux, décident carrément de prendre le large. On aura droit aux conséquences d’un film maudit rappelant un peu trop la mode des films d’infectés dont on croyait être débarrassé (Drive-in), une variation ennuyeuse de Rosemary’s Baby ne valant que pour sa fin déviante (Ba’aal) ou un Détour Mortel bis sans grand intérêt (Feral). Le pire étant, ironiquement, la conclusion de la saison (Game Over), revenant toquer une fois de plus à la porte de la Murder House (z’êtes au courant qu’il y a d’autres saisons?) pour se vautrer dans un gloubi-boulga meta absolument indigeste.

Certes moins cheap que la série Creepshow, ce premier jet (car le deuxième est déjà commandée…) amuse tout de même le temps d’un épisode, The Naughty List, qui placarde toute une génération de youtube dudes en la confrontant à un Père Noël sanguinaire joué par Danny Trejo! Un slasher sachant slasher attaquant l’idiocracy: là, on veut bien. On peut aussi admirer la volonté de fignoler un générique original pour chaque épisode (et c’est souvent ce qu’il y a de plus réussi!) ou de croiser Adrienne Barbeau en projectionniste méchante («Quand Kubrick a voulu me faire la leçon sur le format ratio de Orange Mécanique, je lui ai dis d’aller se faire foutre», qu’elle dit!), dont le caractère bien trempé devrait pousser Murphy et ses ouailles à la faire revenir pour les futures saisons de son show… Elle y serait comme à la maison. J.M.

American Horror Stories est diffusé le 8 septembre sur Disney+, dans la section Star.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici