Un fils de (celui de Peter Hyams pour le coup) capable de réveiller une franchise aussi peu excitante qu’Universal Soldier a manifestement tout pour prolonger le boulot de daddy, ex-faiseur bien charpenté (Outland quand même), ayant fini sa carrière avec une palanquée de musclor-movie sans prétention. Voir ledit fiston plonger dans le thriller à tendance horrifique, donne évidemment envie de sortir le pop-corn.

Balancé comme un malpropre sur les plates-formes VOD, son film Alone ressemble à s’y méprendre au jumeau «carré» de Hunted, survival wtf signé par le Français Vincent Paronnaud qui transformait un récit de chat/souris en fable déglinguée et débilos (et ça ne lui portait pas vraiment chance pour ainsi dire). Même configuration ici: une femme, une forêt, un monsieur pas gentil. Plus précisément, une jeune femme en plein déménagement post-traumatique devient la proie d’un moustachu très aimable, du moins aux premiers abords, mais sérieusement trop collant. À force de le recroiser sur les aires d’autoroutes, pas de secrets, pas de mystères…

Ce qui surprend dès les premières images, c’est la patience absolue de Hyams, qui met la pédale douce, quitte à faire partir les plus énervés d’entre nous. Mais il suffit d’une petite scène à la Duel pour faire, d’un coup, exploser le tensiomètre. Hormis un chapitrage très gadget (tu-n’es-pas-Lars-Von-Trier-ni-Tarantino, calme toi cherwi), Alone évite tous les pièges tendus du genre: la violence gratuite, l’esthétique clou rouillée, les retournements hénaurmes, la torture party… Tout est d’une sobriété tranchante, quasiment sans afféteries, tout sacrifié sur l’autel du suspens de ce chassé-croisé rural: avec sa gueule à la Ron Perlman, Marc Menchaca fait des étincelles en (supposé) serial-killer appliquant quelques techniques tedbundesques. Plâtre factice et amabilité de surface, double vie bien ajustée, perversité bien vissée, et une détermination terrifiante, bien évidemment. Bien que fatalement trop classique pour remuer le genre (sa qualité est son défaut en somme), Alone a le mérite de ne pas se casser la gueule et de tenir en joue jusqu’à son final libérateur et boueux. J.M.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici