Le rĂ©frigĂ©rateur Yves, hĂ©ros du film Ă©ponyme Ă©crit et rĂ©alisĂ© par BenoĂ®t Forgeard, semble bien parti pour devenir une des stars de demain. Faut dire qu’avec un tel prĂ©nom, il Ă©tait prĂ©destinĂ©. Car, avant lui, de nombreux YVES ont su s’imposer dans le monde du Septième Art. Pour vous, le Chaos en a retenu cinq.

PAR GILLES BOTINEAU

MONTAND
Si, pour Ă©voquer le meilleur de sa carrière, on cite gĂ©nĂ©ralement – et Ă  juste titre – le Montand sĂ©rieux de Jean de Florette/Manon des Sources, ou ses prestations chez Costa-Gavras et Alain Corneau, on oublie malheureusement un peu trop le Montand dĂ©conneur, voire cabotin, lequel irrita – clownerie oblige – moult de ses aficionados. Pourtant, ce Montand-lĂ , proche d’un BĂ©bel Ă©poque «Toc-toc badaboum, me voilĂ !», est aussi digne, si ce n’est peut-ĂŞtre davantage, se rĂ©vĂ©lant d’une irrĂ©sistibilitĂ© folle, et hilarant au possible. Bien sĂ»r, il y eut La Folie des grandeurs, ce Victor Hugo revisitĂ© Ă  la sauce GĂ©rard Oury (et sur une musique de Michel Polnareff!), mais Ă©galement Le Diable par la queue de Philippe de Broca; Tout feu, tout flamme de Jean-Paul Rappeneau, ou, plus mĂ©prisĂ© encore, Le grand Escogriffe de Claude Pinoteau. Dans ce film, une histoire d’escroquerie totalement abracadabrantesque tournant autour d’un trafic de bĂ©bĂ©s, Montand en fait effectivement des caisses. Il n’empĂŞche, le spectacle comique qu’il nous offre est tout bonnement Ă©blouissant. Ă€ cela s’ajoutent par ailleurs d’excellents dialogues signĂ©s Michel Audiard («Vous savez Ă  quoi je pense? – Est-ce qu’il y a des moments oĂą vous n’y pensez pas? – Oui, quand je le fais») et un casting en or: Claude Brasseur, Aldo Maccione, Adolfo Celi, Agostina Belli. Alors franchement, que demander de plus?

AMOUREUX
Si la carrière du cinĂ©aste Yves Amoureux s’avère excessivement courte (deux longs, seulement!), elle n’en demeure pas moins inintĂ©ressante pour autant. On retiendra, en particulier, son premier mĂ©trage, Le Beauf. Sorti en 1987, l’Ĺ“uvre fait preuve d’une haute ambition pour l’Ă©poque (et au vu, surtout, de sa nationalitĂ©), mĂ©langeant Ă  la fois la comĂ©die, le thriller et le film de casse. DotĂ© d’un scĂ©nario rigoureux et d’une mise en scène singulière, Le Beauf offre, en sus, Ă  son acteur principal, GĂ©rard Jugnot, la possibilitĂ© de rĂ©vĂ©ler une couleur plus sombre et mĂ©lodramatique qu’Ă  l’accoutumĂ©e, aspect qu’il dĂ©veloppera encore davantage par la suite avec le talent que l’on sait (Tandem, Une Ă©poque formidable…). Bref, Ă  (re)dĂ©couvrir!

MOUROUSI
CĂ©lèbre journaliste et prĂ©sentateur des infos, Yves Mourousi – Ă  l’instar de moult confrères (PPDA, Claire Chazal, etc) – eut l’honneur de jouer Ă  quelques reprises son propre rĂ´le (ou, tout comme) sur grand Ă©cran. C’est ainsi qu’il «dĂ©bute» dès l’annĂ©e 1977, sous la direction de Claude Zidi (L’Animal), avant de la terminer aux cĂ´tĂ©s de Michel Vocoret (Qu’est-ce qui fait craquer les filles? avec aussi Guy MontagnĂ© et Daniel Balavoine!). Mais, sa plus belle apparition, il la doit Ă  Jean Yanne, dans Deux heures moins le quart avant JĂ©sus Christ, oĂą il annonce, Ă  la fin du film, ladite naissance de JĂ©sus, le tout revĂŞtu d’une tunique romaine. Ă€ noter qu’il fit bien pire sur les JT de TF1!

PIGNOT
Principalement connu aujourd’hui pour ĂŞtre Jacques Le Kervellec au sein d’une sĂ©rie estampillĂ©e M6 (En famille), le comĂ©dien Yves Pignot mĂ©rite vraiment que l’on revienne sur un passĂ© nettement plus glorieux. On le dĂ©couvre donc en 1969 dans ClĂ©rambard d’Yves (encore un, et pas des moindres!) Robert, puis navigue de Jacques Demy (Peau d’âne) Ă  GĂ©rard Oury (L’As des as) en passant par GĂ©rard Pirès (Elle court, elle court la banlieue), Nicole de Buron (Vas-y maman), Bertrand Blier (Beau-Père) et Georges Lautner (Le Professionnel). Il devient Ă©galement un fidèle d’Albert Dupontel, de Bernie (en 1996) Ă  EnfermĂ©s dehors (en 2006). Entre les deux, il intègre bien Ă©videmment le casting du CrĂ©ateur, oĂą il joue cet acteur qui se demande «oĂą va son personnage». Culte.

RÉNIER
Le parcours professionnel d’Yves RĂ©nier dĂ©marre sur les chapeaux de roues, interprĂ©tant d’emblĂ©e Albert de Morcerf pour l’adaptation cinĂ© du Comte de Monte-Cristo de Claude Autant-Lara. S’en suivent Les Vierges de Jean-Pierre Mocky, Un merveilleux parfum d’oseille de Rinaldo Bassi, et Diabolo Menthe de Diane Kurys. Puis, le cĂ©lèbre Commissaire Moulin est entrĂ© dans sa vie (de 1976 Ă  1978, puis de 1980 Ă  1982, enfin de 1989 Ă  2006) et a tout foutu en l’air. Certes, en marge, il cĂ´toie encore de belles personnes, Roman Polanski ainsi que Bertrand Blier, mais ces rencontres s’avèrent hĂ©las de trop courtes durĂ©es. Par la suite, RĂ©nier se rarĂ©fie, et, quand il rĂ©apparaĂ®t, cumule dĂ©finitivement les mauvais choix: Absolument fabuleux de Gabriel Aghion, Le Raid et Beur sur la ville de Djamel Bensalah. Quel gâchis… En 1995, dans Les Anges Gardiens, Jean-Marie PoirĂ© nous fait nĂ©anmoins plaisir en montrant, dès les premières minutes du film, Yves RĂ©nier, poursuivi par les Triades chinoises, puis broyĂ© par un camion. Bien fait!

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