“Alice’s restaurant” de Arthur Penn: une ode hippie par le réalisateur de “Georgia”

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En 1965, un chanteur de folk rejoint à Stockbridge deux amis qui ont transformé une église désaffectée en lieu d’accueil pour hippies. Une ode à la liberté et à la jeunesse hippie par le réalisateur de La poursuite impitoyable.

Arlo, 22 ans, tente de trouver sa place dans l’existence grâce à la musique. Sa vie, il la partage entre les visites à l’hôpital où son père est mourant, les concerts et ses amis Alice et Ray qui viennent d’ouvrir un restaurant en ville. Mais un incident dans ce restaurant obligera Arlo à faire des choix qui mettront à l’épreuve sa liberté et ses convictions… pour toujours.

Si vous êtes sur cet article, c’est que comme nous, vous aimez le cinéma d’Arthur Penn, à qui l’on doit de très beaux films mélancoliques plein de chaleur humaine qui poursuivent une existence (Georgia, La poursuite impitoyable, La fugue…). Alice’s restaurant n’atteint pas les sommets de sa filmographie du frère du photographe Irving Penn (par ailleurs camarade de campus de John Cage et de Merce Cunningham, admirateur de Sartre, proche de François Truffaut et de Federico Fellini), mais il a marqué son époque et rappelé le flair du plus européen des cinéastes américains pour des sujets contemporains – ici, en pleine ère Woodstock, dans une Amérique marquée par de multiples convulsions (guerre du Vietnam, émeutes à Chicago, assassinats de Martin Luther King et de Bobby Kennedy…).

Réalisé après Bonnie and Clyde, Alice’s Restaurant (1969), inspiré d’une chanson autobiographique d’Arlo Guthrie, raconte la guérilla qui oppose une bande de jeunes aux autorités locales à l’histoire de Ray et Alice achetant une petite église et ouvrant un restaurant. Le chanteur folk dont la réputation d’apôtre de la contre-culture colle toujours à la peau y joue son propre rôle et chante notamment You can get anything you want in Alice’s restaurant. Soit Alice’s Restaurant Massacree, une de ses chansons phares contre le service militaire obligatoire en pleine guerre du Vietnam. De toute évidence, ce cinéaste au grand coeur qu’est Penn aime l’esprit contestataire des jeunes, tout en étant conscient du fait que leur combat demeurait utopique, ne reposant sur rien de véritablement profond, politiquement parlant. Tout simplement parce que prendre du bon temps n’a jamais débouché sur une révolution. D’où la mélancolie typique à Penn qui irrigue le récit, cette pointe de mélancolie traduisant le début de la fin.

Master Haute Définition
Boîtier Digipack 3 volets
Contient le Blu-ray du film (110’), le DVD du film (105’), le CD-audio «Alice’s Restaurant Massacree» qui a inspiré le film (Arlo Guthrie, 1967). Suppléments: «Le Temps est passé», par Jean-Baptiste Thoret, réalisateur et historien du cinéma (inédit, 30’), «La Queue de comète du Summer of Love 67», par Jean-Baptiste Thoret (inédit, 29’)
Bande-annonce du film

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